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 « «  RENDEZ-VOUS DEMAIN  » »

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Comme convenu lors de la première visite de Virginie et Patrice chez leurs amis, ils les accueillent de nouveau chez eux, pour passer cette fois, une semaine entière. Chacun s’est arrangé pour prendre quelques jours de vacances, afin de bénéficier pleinement de ce séjour. Brigitte et Laurent pourront profiter des nombreuses fêtes organisées pour le premier Août, à la Chaux-de-Fonds et dans tout le Canton. La cité Chaux-de-Fonnière, très active en matière de festivités, accueille chaque année des milliers de visiteurs. Capitale horlogère nul ne le conteste, tout aussi appréciée pour les spectacles de rue ou autres festivals qu’elle organise.

La lecture de la dernière partie du roman de Patrice est naturellement au programme. Avec toutefois des conditions très précises, que Patrice a rappelées à ses amis. En effet, il appartiendra à chacun d’intervenir à tour de rôle, autour d’un thème ou d’une idée. Le débat sera d’autant plus animé, que l’orientation du roman ne sera plus unilatérale. Il n’y a rien de tel que la spontanéité de l’improvisation, pour recueillir la vérité. Ce qui permettra surtout à Patrice, de modifier la structure de son histoire, en fonction des propositions qui jailliront des discussions.

C’est exactement le but recherché. Permettre aux futurs lecteurs de réagir, en proposant à leur tour des idées novatrices. Chacun en son âme et conscience, dans le secret de son intimité. L’avantage que ses amis auront, par rapport aux éventuels lecteurs, c’est de pouvoir échanger leurs points de vue avec l’auteur directement. Avec les réactions à chaud que Patrice espère, il pourra mieux accentuer ou diminuer l’intensité de ses propos. Le seul qui ne soit pas très à l’aise c’est Laurent. Serait-il devenu timide ? Taquin, Patrice en profite pour le souligner :

– Patrice : C’est normal que tu ne sois guère inspiré Laurent… Habitué que tu es à donner des ordres et exiger que tes subalternes s’y soumettent, l’inspiration te fait défaut !... C’est triste à dire, mais tu es tout à fait l’exemple de ce que je dénonce dans mon roman… Sans t’accuser de tous les maux bien entendu, le constat ne plaide guère en ta faveur !... Franchement, je ne pourrais jamais assumer ton rôle… Ce doit être tellement monotone ton boulot… C’est vrai, je compatis… L’avantage dans mon job au moins, c’est que d’un jour sur l’autre, l’actualité nous oblige à nous surpasser…

– Laurent : Pas du tout !... Diriger une agence bancaire est tout aussi valorisant qu’être à la tête d’une équipe éditoriale !... Je n’ai peut-être pas l’imagination aussi fertile que la tienne, mais… Je relève ton défi malgré tout…

Voilà une bonne nouvelle. En attendant lesdites propositions, tel que Patrice en a maintes fois dressé le synopsis, un peu de lecture animera l’entrain de tout le monde. D’un commun accord, ils ont décidé de se consacrer au roman tous les matins, gardant les après-midi pour les balades. Dîners à l’extérieur également, afin de profiter pleinement des attractions et de cette atmosphère de fête. Sans plus tarder, Laurent saisit le manuscrit et commence la lecture :

– Lecture Laurent : (…) « Vous êtes toujours là ? C’est sympathique ! Y’en a qui me font encore la gueule ? C’est dommage. Je sais, identifier ses travers en lisant mon roman, n'est pas réjouissant. Cependant, au lieu de me maudire, si vous cherchiez au fond de vous, l'origine de ce malaise ? Relisez les deux premiers chapitres attentivement, sans chercher à lire entre les lignes, comme hélas, cela est devenu une habitude.

Déformer un écrit, une parole, c’est à la portée de n’importe quel idiot. Inversement, lire en analysant ce qui est écrit, est beaucoup plus difficile. N’essayez pas de me faire dire ce que je n’ai pas jugé bon d’écrire. Encore moins me faire passer pour celui que je ne suis pas. Dire les choses avec fermeté, et virilité parfois je le reconnais, ce n’est pas faire preuve d’agressivité. Qui aime bien châtie bien, je m’en réfère à cet adage pour justifier l’âpreté et la causticité de mes propos. Oui, j’aime la vie, j’aime les gens, j’aime mon pays !

C’est par amour uniquement, que j’ai décidé de créer cette histoire ; ce roman plus exactement. Par goût de la provocation ? Pas du tout et je rappelle que provoquer, c’est chercher avant tout à imposer ses idées. Je n’ai rien inventé, rien dissimulé, rien exagéré. Tout comme avec mon écriture poétique, je relate la vie telle que la ressens, sans aucune exagération ni artifices pour en édulcorer la réalité...

Un philosophe m’a dit amicalement un jour, à l’issue d’un récital de poésie, que j’étais à ses yeux : « Un témoin de mon époque » ! Un témoin ne doit-il pas témoigner ? Ce cher monsieur De Lapalisse avait raison, non ? C’est ce que je fais à longueur de temps, dans ma vie professionnelle et privée. Tout en étant conscient que mon expérience personnelle, ne sera jamais un guide pour quiconque. Car rien ne sert de chercher à venir en aide à une personne, si elle refuse d’ouvrir les yeux sur elle-même.

Chacun son Karma, son chemin de vie. Néanmoins, grâce aux épreuves que j'ai subies, je me sens capable d'enrayer un processus d'effondrement moral. La communication étant hélas, une carence fondamentale depuis des décennies, je mesure chaque jour son importance. Que ce soit par l'écrit ou la parole, les gens ont besoin d'être écoutés, compris, encouragés. Je ne fais rien de plus, qu'appliquer ces préceptes, anodins au demeurant, mais qui produisent des effets salvateurs sur les personnes qui me confient leurs malheurs.

Quotidiennement, au cours de mes séances, jusqu’en 2003 bien entendu, j’ai pu mesurer l’étendue des lacunes liées à l’absence de communication. Plus les gens se referment sur eux-mêmes, plus ils deviennent fragiles et vulnérables. Mon livre est donc un témoignage et un cri du cœur, envers tout ce qui m’étouffe et m’opprime. En m'aérant de cette manière, j'élimine les toxines qui se sont accumulées dans mon corps, autant que dans mon esprit. L'image est simple : j'étais jusque là, dans une pièce hermétiquement fermée. Je respirais de l'air confiné, vicié.

Il m'a suffit d'ouvrir la fenêtre, pour que l'air pur et vivifiant y pénètre. Ce roman est donc, avant tout, un bol d'oxygène pour moi. Authentique exutoire, il m'a permit aussi de ne plus m'abandonner dans les méandres de la sinistrose. Comme tout un chacun ou presque, durant de très longues années, le Présent ne comptait plus. L’Avenir me faisait trembler, car je doutais de moi. L'effet thérapeutique obtenu est donc indiscutable. En dépit du marasme, malgré la conjoncture en tout point défavorable, oubliant les magouilles et les combines, je crois !

Je crois à un avenir meilleur. Je crois que demain effacera de nos cœurs, les souillures que nous pourrions imaginer indélébiles. Je crois aussi que l'apparence, l'hypocrisie, la lâcheté, ne seront bientôt plus que des souvenirs. Je crois tout aussi fermement, que l'être humain n'est pas aussi corrompu que l'on pourrait l'imaginer ; ou plus exactement que l’on cherche à nous le faire gober ! Je crois enfin, que lorsque le mot humanité aura retrouvé sa magnificence, les valeurs dissoutes reprendront leur éclat. Je rêve peut-être, mais ce rêve là, je voudrais tellement vous le faire partager ! Peut-on sans en rougir, regarder tout ce qui se passe autour de nous en restant les bras croisés ?

A-t-on dès la naissance, avalé la potion magique de la duplicité ? Sommes-nous aussi nuls que tous les dirigeants nous le font croire ? Sont-ils réellement des êtres exceptionnels ? Ont-ils les mains aussi propres qu’ils le prétendent ? Qui est responsable des débordements ? Vous, moi ? C’est à ce genre de questions qu’il faut répondre, sans se laisser berner par les propos enjôleurs et narquois. À l’instar d’un couple, où l’un des deux domine, l’échec est assuré. Il n’y a qu’à imaginer que l’humanité soit un couple. Les peuples et les vertus, en sont les composantes. Quand les deux s’harmonisent, l’équilibre est assuré. Il suffit que de la base, s’échappent quelques têtes brûlées voulant tout posséder, pour que le cahot soit au rendez-vous. Les têtes brûlées vous les avez reconnues, ce sont les dirigeants.

Dans l’imbroglio qui nous englue dans notre incapacité à réagir, nous végétons avant de sombrer. Voilà pourquoi j’ai éprouvé l’envie de réagir. Las d’entendre les gens pleurer sur leur sort, alors qu’ils ont la solution à portée de mains. Je ne suis pas et de loin, un écrivain à part entière. Mon seul talent sans doute, c’est d’avoir le courage de dire tout haut ce que les trois quarts d’entre nous pensent tout bas. Sans oser l’avouer ce qui est vraiment dommage. Il ne me reste donc plus qu'à franchir l'ultime étape, c'est-à-dire le dernier chapitre.

J'éprouve en cet instant, un sentiment assez confus. Une sorte de peur viscérale. Grâce aux deux premiers chapitres, j'ai progressé dans mon tunnel. Brusquement, en écrivant les premières lignes de cet ultime chapitre, cela me fait imaginer des choses étranges. À la fois acteur et spectateur, j’ai hâte de découvrir ce que je n’ai pas encore écrit, tout en le redoutant. J’espère seulement parvenir sans encombres au terme de ce nouveau chapitre.

En débutant celui-ci, j'aperçois une vague lueur au loin. Je vais m'en approcher lentement, en essayant de ne pas m'aveugler. Voilà comment j'ai imaginé cette histoire ; d'un bout à l'autre, le fil conducteur c'est la sortie du tunnel. Au début de ce tunnel, donc au premier chapitre, nous nous trouvons dans le brouillard, le froid d'un néant glacial. En montant dans le train, symbolisé par le second chapitre, nous nous réchauffons un tantinet. C'est aussi le temps de la méditation, du repos, de la remise en cause.

Grâce à ce dernier chapitre, incarnant la sortie du tunnel, vous aussi et c'est mon voeu le plus cher, allez peut-être apercevoir la même lumière. Celle de l'espoir tout simplement. À condition, c'est une sorte de règle du jeu, que vous ne cherchiez pas au cours de cette ultime étape, à déformer mes propos. Je laisse mon rôle d'accompagnateur, pour aller reprendre les commandes ; car la locomotive risquerait de s'emballer et faire dérailler le convoi !

Ca y est, je reprends le manche ! Tout s’achète, se monnaye c’est indéniable, je pense l’avoir clairement expliqué. Plus rien de vrai n’entoure les gens, prisonniers du carcan dans lequel ils étouffent. « Pas d’amitié sans intérêt, privé d’amour sans capital, l’être humain devient un jouet, dans cette machine infernale » ! ... Ce quatrain, est extrait d’un de mes poèmes intitulé : « L’Amitié ». Il résume à lui seul la situation actuelle. Où que nous posions nos regards, la suspicion est au rendez-vous. Avant de faire ou dire quoi que ce soit, on imagine d’abord, ce que vont en penser les autres. Les autres, toujours et encore les autres ! Ce que cela peut nous apporter, nous offrir ou nous valoriser, on s’en moque comme de notre première liquette.

Par contre, ce qui risque de nous arriver, cette fois je l'espère, tout le monde en est pleinement conscient ! L'ameublement, les loisirs... Une fois qu'on se trouve plantés au beau milieu de notre oasis, les mirages s'estompent ! Que font les personnes que l'on a cru pouvoir épater ? Elles éclatent de rire tout simplement, contemplant du haut de leur piédestal, le délabrement total dont elles sont (indirectement tout de même), à l’origine. Les amis s'enfuient, les profiteurs aussi. Seuls, nous considérons avec une grande tristesse, le paysage apocalyptique autour des ruines de notre euphorie passée.

L'heure de la révolte a sonné. Enfermés dans le silence de notre mutisme, nous déplorons tout ce qui constitue les exactions. Sans pour autant rougir de ne rien faire, pour endiguer leur flot. Les uns après les autres, les humains sont ainsi malmenés. Sommes-nous les seuls à vivre de tels instants ? Il suffit d'ouvrir les yeux pour s'en apercevoir. Pourtant, nous refusons de le faire, prétextant que chacun doit de démerder tout seul. Plus nous nous hissons sur la pointe des pieds, pour apercevoir l’horizon, plus nous nous enfonçons dans les sables mouvants de l’incertitude. À cet instant précis, le mental effectue une variation brusque. Le Passé s'estompe. Seul, l'Avenir nous préoccupe. « Demain il fera jour » !... C'est bien connu.

L'état second, dans lequel nous avons vécu jusqu'ici, se métamorphose en dynamite. L'objectif à atteindre, c'est obtenir réparation. La vengeance se profile à l'horizon. À l’instar d’une maladie qui sommeille en nous, l’envie de tuer émerge de nos entrailles. Refusant d'admettre que nous sommes les seuls responsables, nous jurons de faire payer cher aux banquiers, aux politiques et à toute cette armada de coupables présumés. Ils le sont c'est vrai ; mais à un niveau beaucoup plus élevé que celui dans lequel nous cherchons à les implanter. Plutôt que maugréer des idées vengeresses, pourquoi ne chercherions-nous pas, à nous tirer nous-mêmes les oreilles comme des grands ?

En effet, est-ce le commerçant du coin qui nous a « Obligés » à acheter la dernière chaîne hi-fi ? Est-ce le banquier qui nous a menacés ou « Contraints » à signer une demande de crédit ? Est-ce l'agent de voyage qui nous a « Imposé », un séjour de trois semaines aux Baléares ? Est-ce peut-être le fabricant de voitures, qui nous a « Mis le couteau sous la gorge », si nous n'achetions pas son dernier cabriolet ? Est-ce, enfin, le tailleur le plus à la mode qui nous a « Fait chanter », si nous ne lui prenions pas un costume à deux cents mille balles ? Qui alors, a bien pu nous inciter à nous mettre dans les dettes jusqu'au cou ? Ben oui...

Cette fois, à moins bien sûr d'être de mauvaise foi naturellement, tout le monde pige ! L'APPARENCE ! Rien que cette maudite apparence, pour satisfaire notre besoin de PARAÎTRE ! Pour vouloir faire mieux que le voisin, gagner du galon, être considéré comme un être supérieur, on a plus l'air d'un con que d'un moulin à vent, quand on se retrouve le cul par terre ! Faute d’avoir le courage de nous infliger les réprimandes indispensables, nous les rejetons avec force sur les autres. Le bon petit toutou d’hier, se métamorphose en chien d’attaque. En ayant l’impression de s’affirmer brusquement, on en devient encore plus ridicule. D’une manière indicible, nous muons vers la seconde catégorie.

Du statut de « Gobe-mouches », nous entrons discrètement par la petite porte, dans les vestiaires des « Mercenaires aveugles ». Loin d’adhérer à cette philosophie débile, fort heureusement, nous reculons d’un pas, fuyant cette atmosphère délétère. Les ordres, les manipulations, tout nous donne envie de vomir. Énième repli sur nous-mêmes, nouvelle période de révolte, dont les turbulences nous secouent comme des fétus de paille. Vindicatifs, violents très souvent, on s'en prend à tout le monde. L'idée de vengeance devient obsessionnelle.

Le Présent devient soudain une bombe à retardement. La famille, les amis, chacun en prend pour son grade. Nous clamons avec véhémence, notre soif de justice ! C'est ce que j'appelle tout simplement, la phase active de la « Rébellion » ! Absents pour cause de « Voyage dans le Passé » jusqu'ici, nous plongeons aveuglément dans les eaux troubles du Présent. Hélas, nous avons loupé tellement d’épisodes, que nous voulons tout de suite parvenir au mot fin… Nous tournons en vain les pages de ce roman que fut notre vie, sans en comprendre le moindre mot.

Tout devient lugubre et sans âme. La vie, les gens, la nature. Tout paraît sclérosé. Doté d'une vitalité soudaine, l'envie nous prend de tout révolutionner. La plus petite histoire, devient un coup d'État. La moindre dispute se métamorphose en querelle. Tout est passé au peigne fin. De la politique en passant par la religion ; des patrons aux syndicats ; de la souffrance des malheureux à l'opulence des riches ; tout, sans exception est décrypté. Le Présent devient un tableau noir. Les couleurs de l'apparence s'estompent, au profit du néant. En fait, nous cherchons à identifier les coupables, sans vouloir nous affronter nous-mêmes !

Notre lâcheté, renforcée par notre égoïsme, lui-même amplifié par notre orgueil mal placé, nous interdit l'accès à l'autocritique. Le seul point positif tout de même, c'est notre soudaine lucidité. Là, incontestablement, nous refusons de prendre les vessies pour des lanternes ! C'est la preuve que grâce à la souffrance engendrée, l'envie de sortir de l'impasse est vraiment présente.

Les promesses des hommes politiques, les lois, la justice, tout devient authentique à nos yeux ; c'est-à-dire truqué et hypocrite. Les pendules sont remises à l'heure. Ce qui en soit, pourrait être un bien ! Hélas, sans même nous en rendre compte, nous nous enfonçons graduellement dans les marais de notre bêtise. Loin de mettre à profit cette période de lucidité, nous essayons tant bien que mal, de ne pas nous noyer. La cure de Jouvence n'est pas aussi bénéfique que cela. Inconsciemment, nous pensons désormais que tout un chacun, est à même de produire la même analyse. Ce qui, inéluctablement, aboutit à un repli sur nous-mêmes. Le racisme, les excès à tous niveaux, nous déchirent et nous blessent, clamons-nous avec ferveur ! Devant tout le monde et avec une hypocrite sincérité, l’on ambitionne un droit à l’équité.

Ce que nous revendiquons par-dessus tout, c’est notre cynique égoïsme et rien d’autre. Les peuples s’insurgent, se révoltent, mais cela ne nous interpelle pas, car après tout, avouons-nous secrètement, ils sont assez grands pour se défendre. Tant que nous ne nous sentons pas concernés directement, « Les autres » peuvent bien crever.

Seulement, à force de se comporter de cette manière, c’est l’humanité tout entière qui est en train de passer de vie à trépas ! L'égocentrisme atteint son apogée. L'apathie face aux injustices, l'aveu d'impuissance, nous enveloppent dans une aura narcissique. Chacun pour soi et Dieu pour tous, si tant est, que l'on puisse encore croire au Tout-Puissant ! Car dans un tel état de panique, les aspects spirituels n'ont aucune chance de nous interpeller.

C'est ce constat je pense, qui m'a fait prendre conscience des dérives auxquelles nous sommes associés. Mon rêve secret, c’est un monde uni, sans frontières. Une sorte de « Planète enfin unie », telle que je l’ai imaginée dans un de mes poèmes, qui porte ce nom. Un monde où tous les humains, auraient les mêmes droits mais aussi, les mêmes devoirs. Donnant, donnant comme on dit ! Pas question, comme on le déplore assez souvent d'ailleurs, que les uns aient tout, et les autres rien ! Je ne parle pas des différences de classes.

Je mets l'accent sur les incohérences d'une pseudo-équité, envers les peuples et les hôtes des pays. C'est à dire celles et ceux qui, fuyant leurs racines, sont accueillis au titre de réfugiés. D'accord pour leur tendre une main charitable ; pas d'accord pour les entretenir au détriment des populations. Car hélas, force est de constater qu'en ce domaine, la tolérance ressemble plus à un dû !

Je connais des réfugiés, soi-disant politiques, qui du soir au matin, déambulent dans les rues, désoeuvrés. Ils ont le loyer, le téléphone, les assurances et les charges locatives offerts, plus en prime, un subside mensuel conséquent. Alors que beaucoup d'enfants du pays, ne disposent pas de la moitié de ces avantages pour survivre. C'est pour cela que je souhaiterais qu'une justice soit enfin élaborée.

Ces gens qui par centaines de milliers, affluent vers les terres promises, devraient être employés en compensation des fournitures offertes. Personnellement, je n'ai jamais gagné d'argent, sans m'investir physiquement dans une tâche. Rien n'est jamais acquis. Il serait judicieux de le faire comprendre à celles et ceux parmi ces réfugiés qui, loin de proposer le moindre échange, profitent de la situation. La grandeur d’âme, ne doit pas supplanter la dignité. À force de fermer les yeux sur ces dérives, les pays vont finir par exclure leurs propres ressortissants ; qui iront crier famine chez les autres ?

Non, je le crie, et l’écris haut et fort, je ne suis pas raciste. J’essaie d’évoquer un problème épineux, qui s’aggrave jour après jour. Que font les étrangers quand ils sont accueillis ? Ils ne font rien pour s’intégrer, refusent de parler la langue du pays qui les accueille. Loin de s’adapter aux us et coutumes, ils perpétuent les lois de leurs pays d’origine. Le statut de réfugié, ne devrait plus servir de passe-droit ! Tu t’adaptes, ou tu retournes chez toi. Je sais, en période électorale, ce n’est pas le genre de propos usité. Il serait de bon aloi, d’en assumer les conséquences !

Ne serait-ce pas, par hasard, ouvrir les portes d'une forme de délinquance ? Je ne tiens pas à faire d'amalgame. Encore moins mélanger les torchons et les serviettes. Des bons et des pourris, il y en a partout. Seulement, dans ma petite tête, je suis convaincu que l'appât du gain, peut entraîner des déviations. L'argent facile, est dépourvu de tout symbole de valeur. Par centaines de milliers chaque année, de pauvres bougres perdent la vie sur des embarcations de fortune, pour atteindre l’eldorado.

Tout ça, pour gagner de l’argent ! C'est un peu comme si ce fric était gagné à un jeu de hasard. Certains de ces individus, dans le rang des réfugiés, n'ont aucune notion de probité, envers l'obole qui leur est accordée. Ils ont du fric, ils le dépensent, c'est normal me direz-vous. Seulement voilà, sans avoir transpiré pour le gagner, certains sont tentés d'en avoir davantage... d'une manière moins honorable ! Je sais, ils n’ont qu’à suivre les traces des ripoux qui pullulent dans chaque pays.

Aider les gens, les secourir, les protéger, je trouve cela humain. Les assister, au point de les rendre dépendants, je dis non. Ce n'est pas un service à leur rendre. Il ne faut plus faire l'amalgame entre un simple bol d'oxygène, et une cure de Jouvence. Plutôt que jouer les « Bons Samaritains », si l'on essayait au contraire, de leur redonner leur dignité ? J'en reviens à ces phénomènes d'ingérence, dont les pays riches s'arrogent les privilèges. Si, au lieu de « Veiller sur leurs intérêts », on les laissait en paix, nous ne verrions plus ces images atroces, déferler sur nos écrans.

Telle Nation lointaine, peut produire des richesses à profusion ? Les « Grands », la protègent ; ce fut le cas du Koweït. Telle autre hélas, ne peut rien offrir ni proposer en échange ? On la laisse crever ; c'est le cas des pauvres Kurdes ! Puis, il y a les trop nombreuses Nations, que je qualifie de véritables « Poudrières » ; comme la Yougoslavie par exemple. Un troisième conflit mondial serait-il à l'ordre du jour ?

Moralité, chacun se barricade derrière ses peurs, ses angoisses, s'isolant peu à peu derrière les remparts de son mutisme. Retour à la case départ, dans notre Passé. La quadrature du cercle est bouclée, en route vers de nouvelles illusions. En attendant que ça passe ? Ce n’est pas tout d’attendre, il faut savoir offrir, généreusement, sans arrière pensée.

Un regard, un sourire, un mot doux... Qu’est-ce que ça coûte ? Rien. Cela fait tellement de bien à celui qui le reçoit. On ne sait plus quoi inventer pour essayer de ne plus être des pantins. Nous caricaturons tellement la vérité, que nous devenons insidieusement de simples clowns. Les exemples à propos des « Cérémonies » en tout genre en sont la preuve. Loin de chercher à produire des effets bénéfiques pour l’humanité, on se gargarise des effets pitoyables qui sont produits » (…)

Oups… Pour une entrée en matière, Patrice n’y va pas avec le dos de la cuillère. Pourtant, derrière cette apparente rébellion, chacun ressent son immense besoin de voir la souffrance s’amenuiser à défaut de disparaître. L’iniquité flagrante et les disparités entre les êtres humains, c’est ce qui l’irrite au plus haut point. C’est en quelque sorte, le défi qu’il se lance à lui-même avant tout. Si l’on s’en réfère à l’adage qui dit que pour aimer les autres, il faut s’aimer soi-même, là c’est pareil. Avant de persuader les autres, il convient d’être convaincu soi-même de ce que l’on pense et dit. Nul ne saurait affirmer sans fabuler, que Patrice soit dépourvu de cette potentialité. C’est en tout cas, l’analyse que fait Laurent :

– Laurent : J’avoue que ce que je viens de lire m’impressionne beaucoup… Cependant, j’ai l’impression que tu n’es pas encore pleinement sûr dans tes affirmations… C’est ce que je ressens… Un peu comme si tu voulais te persuader de ce que tu écris… En quête de vérité en quelque sorte ?... Tes intentions sont louables, mais en es-tu convaincu ?... Le penses-tu vraiment ou n’est-ce qu’une façon habile de te dédouaner ?...

– Patrice : Me dédouaner mais de quoi tu peux me le dire ?... De mon fardeau, c’est fait, merci !... Le roman en est la preuve… Tu as raison malgré tout, sur le fait que je doute… D’ailleurs, je l’écris au début du texte il me semble… J’ai peur en effet, je l’avoue humblement… Peur, d’ouvrir non pas les portes du paradis, mais la boîte de Pandore !... D’où émergeront non pas les solutions auxquelles je rêve, mais le feu des enfers… C’est sans doute pour cette raison que j’hésite à le publier…

– Brigitte : Moi je trouve au contraire un cœur gros comme ça à travers ton récit… Chacun le ressentira comme il veut mais globalement, je pense que les gens se poseront les bonnes questions… À condition bien entendu, que tu acceptes de publier ton bouquin ?... Mais je persiste et signe en affirmant qu’en dépit des « Égratignures », il émane de ton récit une très grande générosité !...

En écartant les bras, pour mimer la grosseur du cœur de Patrice, Brigitte heurte assez violemment le nez de Laurent. Le choc est assez violent, ce qui interdit de rire. La pauvre est vraiment désolée et ne sait plus quoi faire pour être pardonnée. Heureusement que Laurent venait d’enlever ses lunettes, sinon le geste de sa femme aurait pu avoir des conséquences dramatiques. Finalement, après quelques minutes d’inquiétude, tout rentre dans l’ordre :

– Laurent : Je te savais enthousiaste ma chérie, mais à ce point !... Tu aurais du pratiquer la boxe ma puce… Mine de rien, j’ai vraiment mal et voilà que ça saigne… J’espère que le roman ne contient plus d’éléments aussi explosifs !... Sinon, je vais mettre une armure… Non mais sérieux ma chérie, j’ai vraiment mal !... Je crois que je vais devoir aller passer une radio du nez !...

– Virginie : Peut-être même envisager une opération… Suivie d’une très longue hospitalisation !... Laisse-moi regarder ?... Tu as raison, ça a l’air vraiment grave ta blessure… Je crois qu’il serait plus prudent de faire venir une ambulance tu ne crois pas Poussin ?…

Patrice fait oui de la tête, mais éprouve de grandes difficultés pour ne pas éclater de rire. La pauvre Brigitte commence à paniquer. Le sérieux avec lequel Laurent et Virginie viennent de parler, n’est guère rassurant. La vue du sang la perturbe au plus haut point. Laurent est-il si souffrant que cela ? Heureusement, l’éclat de rire qui suit lui enlève ses craintes et la fait réagir :

– Brigitte : Arrêtez vos bêtises tous les deux… Je vais finir par tomber dans les pommes en imaginant que je viens d’assassiner mon pauvre Biquet !... Mon pauvre chéri… Je… Je suis vraiment désolée… Ça va mon chéri ?...

– Laurent : Mais oui mon bébé… Ne te fais pas de souci comme ça, sinon c’est toi qu’on va devoir emmener à l’hôpital !... Tu vois bien qu’on te taquine mon bébé… Une petite goutte de sang ce n’est pas une hémorragie rassure-toi !... Allez… C’est fini ma chérie… Viens me faire un gros bisou et tout rentrera dans l’ordre…

– Patrice : Pour ta punition, c’est toi qui va poursuivre la lecture… Comme ça Laurent pourra se reposer un peu… Il a en effet besoin d’une grande convalescence !...

En guise de punition, Brigitte est enchantée au contraire. Enthousiaste elle est, l’incident qui suit en est la preuve. Folle de joie, elle se lève d’un bond pour aller chercher le manuscrit que Laurent avait déposé sur le bord de la table devant lui. Plutôt que d’attendre qu’il lui donne, puisqu’il est à côté d’elle, non, il faut qu’elle se lève… Selon toute vraisemblance, la carafe, les tasses de café, le pot de lait et quelques autres bricoles, avaient également besoin de repos. Car, sous l’impulsion de dame Brigitte, tout se retrouve sur le toit ! Là, c’est le fou-rire assuré…

Heureusement, Brigitte s’en sort avec une simple petite égratignure à la jambe. Par contre, le service à café est en deuil, après la perte au champ d’honneur de trois de ses vaillants combattants. Autrement dit, trois tasses viennent de rendre l’âme. Pantoise, tétanisée sur place, Brigitte n’ose même plus bouger. C’est tout juste si elle ressent la douleur sur sa plaie, qui laisse échapper quelques gouttes de sang. Elle n’a pas le temps de se baisser pour ramasser les morceaux. Sagement, Virginie se lève, fait rasseoir Brigitte et se charge de mettre un peu d’ordre :

– Virginie : Non… Tu restes assise, je vais arranger tout ça… Il faut d’abord désinfecter la plaie… Ne t’inquiète pas, le service avait depuis très longtemps, atteint l’âge de la retraite… Mon petit Poussin se fera un plaisir de m’en offrir un autre… N’est-ce pas mon cœur ?... Je vais chercher de quoi soigner ce petit bobo…

– Patrice : Ben voyons… Surtout si tu as d’autres envies de changement, n’hésite pas… Brigitte se chargera de t’en débarrasser… Je te taquine bien sûr…

Virginie revient vite avec la petite trousse à pharmacie. Si ce n’est pas la gravité de la blessure qui l’inquiète, c’est la pâleur soudaine de Brigitte. Elle ne va quand même pas tomber dans les pommes ? C’est limite malgré tout, à en juger les gouttes de sueur qui perlent sur son front. Heureusement, un sucre trempé dans la Chartreuse et tout rentre dans l’ordre. Très vite, le calme revenu, en même temps que de nouvelles tasses, Brigitte est attentive au repère que lui indique Laurent, afin de continuer la lecture :

– Lecture Brigitte : (…) « À quoi servent réellement les fastes des pseudos-cérémonies, des congratulations ridicules, de toutes ces « Reconnaissances » ? Puisqu’ils ne sont faits que pour masquer notre impuissance viscérale à juguler les malaises que nous avons créés. À croire que tout est bel et bien conçu, pensé, orchestré, du début à la fin. On provoque les guerres, pour faire des héros... Qui seront « Glorifiés » en attendant que d'autres conflits viennent en fabriquer de nouveaux.

Entre deux, ne serait-ce que pour se donner l'illusion de ressembler à des humains, on compense l'absence de « Morts au champ d'honneur », par des parades de substitution. Je n’ai rien contre la « Journée de la Grand-Mère » ou plus près, celle de la femme en général. J’adhérerai volontiers à ces fausses et hypocrites « Louanges », le jour où tout sera fait, officiellement, pour que le reste du temps, ces personnes bénéficient de la même considération. Valoriser un jour et mépriser trois cent soixante-quatre autres jours, il y a un déséquilibre auquel il faudrait remédier non ? C’est la même chose pour les sans abris d’ailleurs ! Une journée par an, sous les « Feux de la rampe », le reste du temps, oubliés et méprisés. D’autant que c’est encore un moyen déguisé, pour permettre à une certaine catégorie de personnes, de se remplir les poches !

Le fric gaspillé pour cette publicité « Trompe-l’œil », serait plus apprécié s’il était réellement distribué à celles et ceux qui sont vraiment dans le besoin. Alors, avant de chercher à m’abattre, essayez plutôt de comprendre mon message ? Ne lisez plus dans mon témoignage, ce que vous avez envie de crier sans oser le faire. J’ai les épaules solides c’est vrai, mais pour supporter le poids de mes responsabilités et non celles des autres. Je me sens plus l’âme d’un poète, que celle d’un révolutionnaire. Bien qu'un poète, ne soit pas à l’image que l’on se fait de lui en règle générale. Il y a encore des personnes qui s'imaginent le poète nébuleux, lointain, presque abstrait. Témoin oui, mais quasiment absent de la réalité.

Petite incartade dans le Passé, pour étayer mes propos. J’en connais plusieurs, parmi ces poètes, qui n’avaient vraiment rien de « Saints » ! La virulence dans la verve, et le sarcasme qui en émanait, ne correspondaient pas il me semble, au portrait que l’on peut se faire d’eux ? Je me sens avant tout un homme, responsable, et engagé uniquement sur mon chemin de vie ; non sur celui des autres. Je refuse d’être un « Cliché » caricatural du poète à moitié endormi, nébuleux et insouciant, glissant sur les problèmes de la vie comme une bouteille à la surface de la mer.

J’ai les yeux en face des trous, la tête sur les épaules, et les pieds sur terre. Cela ne m’empêche pas de rêver. Tant que le rêve est encore gratuit, j’en profite ! Après l’oxygène auquel je faisais allusion, pourquoi ne pas prévoir un système à péage, pour chacun de nos rêves ? Étant donné que le ridicule ne tue pas, voilà un domaine encore inexploré ! Si l'exploitation perdure, pourquoi ne pas envisager d'être reliés à des ordinateurs pendant notre sommeil ?

Un Euro la minute pour les rêves en noir et blanc !… Cinq Euros pour ceux en couleur !… Moyennant des forfaits mensuels, nous aurions quand même droit à des réductions ! À condition bien entendu, de ne pas faire les mêmes rêves deux fois de suite ! Tous les rêves de mieux être seraient sans doute surtaxés ? Je taquine bien entendu. Cependant... Je reste vigilant quand même ! Ceci pour dire que l’Avenir, en l’état actuel des choses et des mentalités, n’est pas reluisant du tout.

Parlons en un peu de cet Avenir, Ici et Maintenant ! Cela ne vous fait pas sourire ce lapsus ? Avenir, maintenant !... Pourquoi pas de l’Avenir Passé ? Vous savez, celui du Présent après lequel on court toujours ? Ne cherchez pas c’était un test. Je voulais voir si vous étiez encore réveillés ! C’est dingue ce que l’imagination produit en effets. J’imagine des lecteurs en train d’éclater de rire… D’autres, sans doute plus nombreux, en train d’applaudir… Et les derniers que font-ils ? Là, je m’effondre, car je les entends maugréer les pires insanités à mon encontre ! Eh oui, c’est de tout cela que l’Avenir sera constitué. Donc, qu’est-ce que le mot Avenir suscite en moi ?

À dire vrai, rien du tout. Je vous le dirai demain, quand je l’aurai vécu. Il m’est très difficile de parler de quelque situation qui soit, dont j’ignore tout du contenu. Le Passé, même vécu au Présent, le Présent lui-même bien qu’étriqué, là oui, j’ai de quoi raconté. Je ne m’en suis d’ailleurs pas privé. Oh bien sûr, je suis resté discret sur l’essentiel de ma vie, qui ne regarde que moi. Autant que je n’ai rien à cirer de la votre ce n’est que justice. Reste donc cet « Avenir » avec ses multiples points d’interrogations.

De quoi sera-t-il fait ? Quelles seront nos destinées ? Comment vivrons-nous à partir de l’an deux mille trente ? Irons-nous pique-niquer sur la Lune, Mars ou Jupiter ? Est-ce que nous continuerons à marcher dans les merdes de chiens, et prendre celles des pigeons sur la tronche ? Est-ce que les ripoux seront toujours aussi pourris ? Les politiques deviendront-ils enfin les guides qu’ils n’ont jamais été ? Les banquiers deviendront-ils des philanthropes ?

Eh, mec… Faut arrêter les joints, car là, tu as les yeux qui se croisent. De l’humour les enfants… De l’humour ! Bof !... Alors, cet Avenir ? Rien d’intéressant en vérité ! Je ne voudrais pas faire preuve d’un pessimisme exacerbé, mais j’ai bien peur en effet, que rien ne change avant très longtemps. Une sorte d’intuition ! Je ne vous l’avais pas dit ? Suis-je distrait ! Hélas, moi je n’ai pas d’enveloppe au vestiaire !

C’est vrai, j’ai des dons de médium aussi... Si, si, je vous le jure ! Ils rigolent !... Je n’ai rien à envier aux nombreux charlatans, qui exercent et pullulent dans ce domaine ! Sauf que moi je plaisante naturellement. Car l’humour, dans cette société terne et morose, est inscrit aux abonnés absents. Qui plus est, quand il convient de rire de soi-même ! C’était une façon habile d’amener la conversation sur ces « Devins » ! Puisqu’il est question d’Avenir, ne sont-ils pas mieux que personne, en mesure de le prédire ? « L’art de la divination » que je dissimule jalousement en moi, est nettement plus efficace ; la preuve, je peux prédire que les cinq sixièmes au moins sont des escrocs !

Vous êtes estomaqués n’est-ce pas ? Je « Vois » aussi, que toutes les spéculations auxquelles ils se livrent, sont des conneries aussi monstrueuses qu’eux !... Là, vous êtes sidérés, je le sens ! Je vous l’avais dit... Je devine avec une précision diabolique... ce qui s’est passé bien sûr ! Par contre, il n’y a pas besoin d’être voyant, pour imaginer qu’on restera dans la merde !... Tout le reste, n’est que du folklore !

Les exemples ne manquent pas pour conforter l’aspect charlatanisme de ces prédictions bidon. Une seule réalité m’affole : c’est de voir (c’est pas de ma faute si mon don me poursuit), à quel point les gens se ruent de plus en plus nombreux vers ces guignols ! « Je vois une période sombre devant vous »... Eh connasse ?... Allume, tu y verras mieux ! « Je vois des problèmes de santé... d’argent... une période assez agitée s’annonce »... Elle est vraiment douée l’ancienne n’est-ce pas ? Qui n’est pas exposé à des problèmes de santé, d’argent, surtout en cette période de pénurie qui forcément promet d’être agitée ?

Je poursuis cette fructueuse « Consultation ». Rassurez-vous je vous l’offre ! « Je vois le changement arriver très vite. Une nette amélioration de votre situation. Une entrée d’argent, peut-être liée à une augmentation ou un gain. La santé va nettement mieux »... Normal, eh, sorcière ! En principe, quand on est malade on se soigne, après que ça aille mieux c’est plutôt normal non ?

Quant au fric, elle ne se mouille pas la vénérée médium ! Les salaires augmentent quand même de temps en temps... Moins vite que le coût de la vie c’est vrai, mais quand même ! Donc, la situation ne peut qu'aller en s'améliorant ! Voilà en gros les prédictions de ces génies de l’information futuristes ! Le drame, c’est que de plus en plus nombreux, les gens se précipitent vers ces escrocs déguisés en devins. Ils n’oublient pas au passage de vous racketter de mille Euros !

Histoire d’améliorer leur avenir ? Car du vôtre, ils n’en ont rien à battre ! D’accord, il existe de vrais médiums. Notre vie est tracée dès la naissance, c’est indiscutable. Que les points essentiels puissent être captés, je l’admets. Pour preuve, et là je suis sérieux, un des « Flashs » qu’il m’est arrivé de vivre, en 1975. En délégation à Innsbrück, j’ai « Visualisé » une scène, en costume d’époque. Jadis, j’ai du vivre à cet endroit. Donc, effectivement, que des personnes puissent avoir les mêmes visions, cela me paraît tout à fait crédible. Mais combien sont honnêtes ? J’en connais au moins une… n’est-ce pas Ana ?

Le seul « Don », que je leur reconnaisse, à la majorité des charlatans, c'est celui d'être opportunistes. Une fois que vous avez donné tous les renseignements vous concernant, à tous niveaux, ils savent les exploiter et les métamorphoser en visions, aussi ludiques que tronquées. Ce qui m’affole, c’est de voir la prolifération massive de ces « Cabinets » occultes. Par-là même, le nombre de plus en plus imposant d’adeptes, de ces consultations péremptoires. Pour trancher dans le vif du sujet, ils savent y faire ces pseudos-médiums ! Qu’est-ce que ça peut bien nous faire, de savoir de quoi demain sera fait ? Il ne sera de toute manière, que le reflet du Présent non ? Si toutefois, le Passé ne l’a pas occulté d’une manière exagérée ! Car ce n’est pas en restant les bras croisés, que nous ferons avancer la machine. Encore moins en allant consulter les guignols qui se prétendent investis d’un don unique.

En nous investissant à corps perdu, dans ces visions futuristes, nous occultons le Présent et rien de plus. Je ne dis pas qu’il ne faut pas avoir de projets, loin de là. Un idéal, un objectif, c’est très important. Quelque part, c’est sans doute un élément moteur pour l’Avenir. En restant avant tout lucides et pondérés. Il n’y a pas de vie plus terne, que celle dépourvue de projets. À condition toutefois, de s’y tenir ! Se fixer un but et tout mettre en œuvre pour y parvenir, en s’égarant perpétuellement dans des directions diverses, n’est qu’une illusion.

Se donner les moyens d’améliorer son niveau de vie, en gravissant des échelons au travail, en enrichissant ses connaissances, voilà des paramètres précis et authentiques. Se disperser tous azimuts en ne faisant rien de concret, c’est tourner en rond et revenir sans cesse au point de départ. C’est comme cela que malheureusement, la plupart des gens vivent aujourd’hui. L’ambition, la volonté, le courage, la patience, sont des vertus en voie de disparition. Nous perdons nos repères, nous adulons le Passé au détriment du Présent, et nous espérons trouver auprès des « Voyants », les réponses à nos questions.

Ce n'est pas la meilleure formule. En dehors des caricatures que je viens de faire, les démarches en elles-mêmes sont illusoires. S'il était besoin de conforter mes dires, pour prouver le côté « Bidon » de la plupart de ces guignols, je m'en référerai aux « Prédictions » du début de l'année 1998. Dans presque tous les journaux, les « Grands noms » de la voyance, étaient unanimes : AUCUN ne voyait l'équipe de France, remporter la Coupe du Monde de Football !

À leur décharge sur ce plan, je dirais qu’aux vues des résultats de nos vaillants joueurs, l’espoir de les voir hissés sur la plus haute marche relevait de l’utopie. En attendant, ils en ont été pour leurs frais. Et un… et deux… et trois zéro ! Pour moi, ce sera un à zéro, la balle au centre. Le ridicule ne tue pas, ces voyants providentiels ne risquent donc rien. Est-ce que c'est suffisant ou faut-il que je cite d'autres éléments tout aussi probants de nullité ? Bon d’accord, puisque vous insistez, je ne vais pas vous en priver.

Toujours au cours de la même émission des prévisions pour 98, cette autre « Astrologue » de mes deux, qui « Voyait » une catastrophe s’abattre sur Paris. Elle aurait mieux fait de tenir ses promesses. Elle était tellement sûre d’elle, qu’elle avait juré d’arrêter toutes ses prédictions si rien ne se passait… Et fort heureusement, rien ne s’est passé !... Dommage que ses nobles paroles n’aient pas été suivies des faits. Car elle continue d’exercer ses « Talents », en toute impunité. Puisqu'ils sont aussi nuls, comment peut-on encore leur accorder la moindre valeur ?

Hélas, pour certaines personnes, c'est une véritable drogue. J'en connais qui passent plus de temps chez ces débiles, déguisés en voyants, qu'à s'occuper de leur propre couple. Une de nos anciennes amies, consulte en moyenne une dizaine de ces sorcières par mois ! Elle n’a pas encore compris, et ne le comprendra jamais, qu’il lui suffirait qu’elle prenne confiance en elle pour se laisser guider par son destin ; et non tenter de suivre celui qu’on cherche à lui faire miroiter. Le plus dur c'est certain, c'est d'accepter le Présent tel qu'il est. Les épreuves, la souffrance, font partie de notre Karma.

Pour moi, n'en déplaise aux inconditionnels, l'univers du paranormal est globalement, en ce début de siècle, une entreprise commerciale avant tout. Jouant sur l'instabilité émotionnelle des plus faibles, elle contribue à les isoler chaque jour un peu plus. Que ce soit en plongeant dans le Passé ou en voulant décrypter l’Avenir, le Présent est évincé. Retour à la case départ, dans le néant de notre solitude. Où conduit l’isolement ? Je vous le donne en mille… À l’oubli du Présent, tout bêtement.

À croire que toutes ces mascarades sont télécommandées ; par qui, c'est la question que chacun devrait se poser ! Pas toujours les mêmes ! Disons, pour faciliter les recherches, qu'il suffit d'appliquer le dicton de circonstance : diviser pour mieux régner !... Ben oui... Plus les gens patinent dans la semoule, à la recherche d'une hypothétique vérité, plus ils sont vulnérables ? Donc, plus malléables et soumis. C'est sans doute pour cette raison, que rien n'est fait, pour arrêter les plus escrocs de ces voyants bidons, dénués de valeur et sans diplômes ?

Plus il y a de sources de déséquilibres psychologiques, donc de possibilités de tout contrôler, plus les ripoux ont la vie belle. On n'enraye pas une source aussi juteuse de bénéfices !... À bien des égards, toutes proportions gardées, je compare les dirigeants à des médiums, habiles et vicieux. Tout ce qu’ils disent est pris au sérieux en quelques sortes. Ils sont « Notre Avenir » pensons-nous ! Ah bon… Je sais que l’espoir fait vivre mais il y a des limites à la connerie. En y regardant de plus près, je me suis aperçu qu’au fond, de nous ils n’en ont rien à fiche. Sinon, ils feraient tout ce qu’il convient pour rétablir l’équité, et non comme ils le font si bien, cultiver l’iniquité.

Dans ce tourbillon d'événements catastrophiques, dans ce dédale d'incohérences et de troubles, il est difficile de trouver ses repères. Nous les créons donc, artificiellement, en les incarnant sur les responsables en général ; qu'ils soient politiques, religieux ou autres. D'où cette comparaison avec les médiums. Tout ce qu'ils disent devient une source bienfaitrice, capable d'étancher nos soifs de vérité. C'est tout du moins, ce qu'ils arrivent à nous faire croire.

Endormis, hypnotisés même, pour les plus fragiles, nous avalons les couleuvres avec docilité. Voilà par quels subterfuges, notre Présent devient le Futur, d'un Passé que l'on n'a pas vécu. L’Avenir, tel que je l’espère, ne pourra pas se concevoir sans nous. Nous, les petits, les exploités. En dépit des efforts de tous les dirigeants, jamais, aucun pays ne pourra se passer de la base. Ils l’exploitent, la dominent et la méprisent, mais elle sera toujours là. J’en veux pour preuve, une démarche assez exceptionnelle que je viens de lire dans « Le Matin », un grand quotidien Suisse. Les hommes politiques faisant appel au peuple. Du jamais vu ! Qu’est-ce que signifie cette démarche ? À mon avis, elle a une double signification.

La première, c’est qu’ils affichent clairement leurs limites. Manque d’idée ou envie de déposer les armes peu importe. La seconde, c’est, je l'espère vraiment, qu’ils prennent enfin conscience de la valeur, de celles et ceux qui composent la base. Confortant l’adage : « On a toujours besoin d’un plus petit que soi » ! Est-il vraiment nécessaire d’approfondir cette vérité ? Je ne le pense pas. En attendant, sincère ou hypocrite, authentique ou démagogue, je trouve l’intention louable. Un pas vient d’être franchi dans la bonne direction. Je ne puis qu’adhérer à cette initiative.

À condition bien entendu, que le peuple saute sur cette occasion, pour se manifester ! S’il ne saisit pas la perche qu’on lui tend par ce biais, après, il n’aura plus qu’à la fermer et suivre sans broncher. Rouspéter dans sa barbe, manifester sa colère en silence ou au contraire, la laisser exploser entre les mains de manipulateurs, n’étant pas la meilleure façon de faire avancer le navire. Là, par cette confrontation grand public, le peuple a l’occasion d’exprimer ses revendications sincères, loin des feux de la haine entretenus pas les syndicats. Une sorte de débat intime, entre les dirigeants et la base. Je crois que les politiques Suisses ont compris, que c’est avec des actions ponctuelles de ce style, qu’ils arriveront à juguler les hémorragies qui saignent l’humanité.

J'en veux pour preuve, le proverbe auquel je viens de faire référence à propos des petits dont on a toujours besoin ; merci Monsieur De La Fontaine ! Quel que soit le grade, la position ou le rang social, la plus haute personnalité n'aura jamais, la science infuse. Dans le microcosme de son environnement quotidien, elle échappe au petit détail qui peut tout changer. Ce détail précisément, seule la base peut lui apporter. C’est en vivant au quotidien, au ras des paquettes, que l’on peut ressentir la vie. Non dans les sphères édulcorées des grands salons. Une fleur, n'a jamais le même profil ni la même senteur, suivant qu'on admire son chatoiement d'en haut ou d'en bas ! Le haut, incarne le relief de l'apparence, l'éclat de la beauté relative.

Par contre, en voyant la même fleur de dessous, dépourvue d'artifice, elle n'a plus les mêmes atours. C'est un peu comme cela, en politique. Les « Grands » contemplent la vie d'en haut, tandis que ceux qui composent la base, n'en voient que les revers. D’où l’importance pour les dirigeants, d’avoir un aperçu de ce qui se passe en bas, sans avoir à se baisser. Comment est-ce que les dirigeants pourraient-ils faire, pour imposer l'image qu'ils perçoivent ? Sans même daigner se pencher, pour apercevoir celle qu'ils dénigrent avec autant de dédain ?

Seuls les rêveurs, auxquels j'appartenais il n'y a pas si longtemps encore, pouvaient s'imaginer pareille différence entre le haut et le bas. Écrire ou peindre la vie, telle qu'on l'imagine et non telle qu'elle est vraiment. À force de prendre des coups de pieds au cul, je suis redescendu de mon nuage, bien décidé à ne plus traduire que ce que je vois et subis !

Pourquoi est-ce qu’une poignée d’hommes et de femmes, sous couvert des manteaux syndicaux, s’arrogent-ils impunément, le droit de décision de la majorité des gens ? Les exemples que j'ai cités sont assez évocateurs il me semble ? Plutôt que jouer leur rôle d'intermédiaire, entre le bas et le haut de l'échelle, ils se complaisent dans leur « Mission » stérile et utopique, de meneurs d'hommes.

À mon humble avis, tout comme pour diminuer le coût des denrées alimentaires, les politiques devraient passer du producteur au consommateur. Plus d'intermédiaire ; donc, plus de syndicats merdiques. Les dialogues seraient plus constructifs, car dénués d'intérêts. Restons logiques un instant. Ne sommes-nous pas, gens de la base, à la fois les producteurs de l'économie, et les principaux consommateurs ? Pourquoi dans ce cas, sommes-nous éternellement victimes et otages, d'un système basé sur le profit à outrance ? Un son, quel qu'il soit, est toujours déformé entre son origine et son arrivée. Que dire des paroles, disséquées, modifiées, détournées et manipulées, par les syndicalistes les plus rebelles ?

J’en reviens à l’exemple que j’évoquais précédemment, à propos de cette concertation. Une minorité, qui manipule toute une population active, qui, grâce à cette initiative Fédérale, pourrait mieux connaître et admettre (Rêvons un peu), ses limites. Les « Déformations » de sons seraient amoindries, voire supprimées. Les sommités, pourraient enfin entendre les versions originales et non plus sous-titrées ! Faire amende honorable, à l’opposé d’avouer ses faiblesses, est au contraire la preuve qu’en valorisant l’individu, on en obtient le meilleur. Je compare les syndicalistes sur ce plan tout du moins, à des traducteurs. Pensez-vous qu'un poème, puisse être transcrit dans une autre langue, sans perdre sa valeur intrinsèque ?

Comment dans ce cas, espérer que nos idées, revendications ou simples doléances légitimes, puissent être entendus d'une manière cohérente par les hauts dirigeants ? En ce sens, l'offre qui a été faite au peuple, de pouvoir s'exprimer librement, est tout simplement géniale. Merci la Suisse pour cette initiative remarquable. Plus d'obstacles érigés par les « Délégués », réduits de ce fait au silence.

Sitôt que l’immense majorité bouge, les choses prennent une toute autre allure ! Par l’entremise de cette enquête grand public, les gouvernants ont offert une chance inouïe à chacune et chacun, de s’exprimer librement ; bravo, et merci ! Encore faut-il, et là j'en doute très fortement, que les gens réagissent dans le bon sens. Peu habitués c'est vrai, à jouir de cette aubaine, plus enclins au mutisme qu'au dialogue, les petits moutons ne sauront pas et je le déplore, saisir la balle au bond. Pour une fois qu'ils ont l'opportunité de vider leur sac et exprimer leur mécontentement, je doute qu'ils sachent en profiter. La peur d'un côté, le sentiment d'inutilité de l'autre, sans oublier le ras-le-bol, sont autant de paramètres nuisibles, qui enrayeront ce désir pourtant louable. J'espère simplement que cette tentative sera réitérée prochainement ? Pourquoi ne serait-elle pas reprise par d’autres États ?

Les peuples seraient valorisés de la même manière et pourraient contribuer à améliorer la situation ? Mais voilà, nos vaillants « Dirigeants », ne le voient pas du même œil ! S’ils veulent vraiment, redorer le blason de la politique, la seule possibilité pour eux, serait de s’enquérir des volontés de leurs bases. Pourquoi ne le font-ils pas ? Le mieux, et c'est un peu la solution que je préconise avec ce roman, serait qu'elle soit permanente !

Avec les moyens technologiques dont on dispose actuellement, que ce soit le fax, le Minitel, et mieux encore Internet, quelles seraient les difficultés ? Tous les mois par exemple, le Chef d'État poserait une dizaine de questions au peuple. Ensuite, une fois décryptées, les réponses serviraient de point de départ aux réformes envisagées. Je rigole tout seul en relisant ce passage…

En effet, en cette période d’élection Présidentielle, une candidate n’a pas hésité à se servir de mes idées, pour organiser un soi-disant « Débat participatif » ! Comme quoi, ce que j’écris n’est pas aussi nul que cela, n’est-ce pas ? C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de virer de mon site, toutes les synthèses de mes manuscrits, édités ou en attente d’édition. On y venait, on se servait, on profitait de mes idées, sans pour autant avoir la délicatesse d’en informer les gens.

C'est un peu en fait, le cheminement vers lequel les dirigeants ont voulu s'orienter dans l'exemple que je viens de donner. Une amorce de solution, l'embryon d'un dialogue, l'esquisse de ce qui devrait se vulgariser à grande échelle. Au passage, je note avec satisfaction, le rôle complémentaire joué par ce quotidien ! La presse, dans sa mission d'information, et non d'intoxication pour faire naître les psychoses, est magistrale. Elle pourrait très bien compléter les réponses aux questions posées ? Tout le monde n'a pas un Minitel ni encore Internet !

Tout le monde n'a pas non plus, une facilité de dialogue et encore moins, le désir d’y adhérer ! La grosse majorité de la population enfin, n'a pas le courage de s'exprimer ! Quoi de mieux qu'un organe de presse, dans le rôle de médiateur, véritable trait d'union entre le peuple et les classes dirigeantes ? Quelques essais sont ponctuellement tentés par divers journaux ; dans ce qu'ils appellent les « Tribunes des Lecteurs ». Pourquoi ne pas développer ces modestes tentatives sectorielles et en faire de véritables condensés de propositions nationales ?

C’est bien la preuve que je ne fustige pas la politique aveuglément ; les médias encore moins. En misant sur les besoins des peuples à s’exprimer, l’Avenir sera moins terne et le Présent beaucoup plus étincelant. Derrière l’anonymat c’est vrai, les langues se délient plus facilement. Le plus important, est bien de recueillir toutes les suggestions ? D’accord, de là à ce qu’elles soient prises en compte… ne rêvons pas ! Avec un certain recul, par rapport à cette initiative, je dois reconnaître que rien n’a changé. Ou si peu que cela est passé inaperçu. Ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Je dirais même qu’il conviendrait d’accentuer les efforts en ce sens. C’est là précisément, que ce roman pourrait intervenir…

Dans le même quotidien, le même jour exactement, un autre aspect des lacunes avouées est dévoilé. Autre domaine, littéraire celui-ci. Par le truchement d’un concours, il était offert à tous les écrivains en herbe, amateurs de « Polars », de s’exprimer. Au premier abord, c’était génial, en apparence. Mon côté réaliste (et non pessimiste), m’empêchait cependant d’y croire démesurément.

Je ne pouvais pas en effet, croire à une offre aussi spontanée, sans y associer la pénurie d’auteurs actuelle. Écrire, ce n’est pas offert à tout le monde. Je ne parle pas ici de valeur ou de don, je parle uniquement d’amour et de passion. En attendant, loin d’imaginer un instant qu’une telle attitude soit démunie de magouille, j’ai voulu tenter l’expérience. Pour m’amuser et rien d’autre, sachant que de toute manière, mon manuscrit ne serait pas retenu. On ne change pas une équipe qui gagne n’est-ce pas ? Pourquoi en effet, « Risquer » d’éditer un inconnu, quand les « Maîtres à penser » rapportent des millions ? Car à mes yeux, les « Têtes d’affiches » en matière de création, doivent se trouver en manque d’inspiration.

On a beau être imaginatif, créatif, et doué parfois (ça arrive), il se peut que l’inspiration fasse défaut. Comme l’accès au giron littéraire n’est pas offert à tout le monde, par le biais d’un concours anodin il était permis d’envisager un renouvellement du « Cheptel » des romans policiers. Parmi les milliers de manuscrits qui allaient parvenir aux organisateurs, il y en aurait suffisamment qui permettraient aux auteurs attitrés, de retrouver le chemin de la gloire ! C’est mesquin ne soyons pas dupes, mais de bonne guerre malgré tout il faut savoir perdre. Naïfs, les créateurs en herbe, focalisés sur l’idée d’être un jour de grands écrivains, se sont rués vers l’opportunité qui s’offrait à eux.

Des dizaines de manuscrits sont ainsi parvenus aux organisateurs. Les gagnants bien entendu, et j’étais prêts à le parier, appartiendront au cercle des intimes de cet univers hermétique. Si on lave le linge sale en famille, on ne partage pas le gâteau avec n’importe qui non plus ! Comme aurait dit Coluche : « Faut pas déconner les mecs » !... Alors pourquoi me direz-vous avoir voulu participer à ce concours ? Étais-je devenu un gentil mouton docile ? Avais-je déposé mon armure aux pieds des conquérants ? Pas le moins du monde, plus simplement pour étayer ce que je viens de dire. Avant tout pour me faire plaisir.

J’adore écrire. De plus, le style policier me permet d’échapper aux contraintes de la vie, telles que je les décris dans ce récit. L’Instant Présent, une fois encore ! Au milieu de mes personnages imaginaires, la vie est tellement plus pétillante. Voilà pourquoi, j’ai eu envie de tenter l’aventure en proposant un scénario. J’aurais eu l’air malin si par le plus grand des hasards, mon synopsis avait été primé ! Je n’aurais pas brillé, mais j’aurais été quand même très heureux, de constater que mon jugement était erroné !

En attendant, loin de m’insurger, j’accepte ces magouilles et je continue d’écrire. Apporter tout son amour et sa passion au quotidien, c’est bien ce qui manque en général. En imaginant des intrigues, des aventures, je fais naître des personnages, je les fait vivre, s’exprimer. À travers eux, je conçois l’humanité toute entière, à ma manière. J’exprime ce que j’aimerais tant retrouver au quotidien ! Je les rends sympathiques ou vulgaires, au gré de mes pulsions. Au fond, ce roman n’est que le reflet de mon for intérieur et rien de plus. Tantôt romantique et nostalgique, tantôt vindicatif et acerbe.

Nul n’est infaillible, et encore moins prophète en son pays. Nous sommes tellement pris pour des billes, manipulés et conditionnés, qu’il m’est très difficile de concevoir autre chose que des magouilles dans tout ce qui se fait de « Mirobolant » ! Les promesses ne sont que des leurres, du poivre aux yeux. Je suis devenu par la force des choses, comme Saint Thomas, et je ne crois que ce que je vois. Si cette opération médiatique avait été sincère, j’en aurais été quitte pour un moment de honte. Vous supputez avec ironie que dans ce cas, je n’en aurais pas parlé ? Eh bien si… De la même façon que l’initiative politique. Un sentiment de fierté en plus, c’est évident.

Par contre si elle était ce que je supputais, comment aurais-je pu m’en rendre compte si je n’y avais pas participé avec un manuscrit ? Je suis sans doute trop alarmiste ? Il y a un peu de ça aussi. Je dirais même craintif et sceptique. Si j’étais le seul, on pourrait me montrer de doigt. Hélas, trois fois hélas, le roman en est la preuve, les quatre cinquièmes des populations sont devenus aussi perplexes. Manipulés, bernés et grugés en permanence, difficile d’être confiant. Que voulez-vous. L’honnêteté de nos jours, est une denrée tellement rare, qu’il est pratiquement impossible d’adhérer à une offre, aussi alléchante soit-elle, sans redouter aussitôt le pire » (…)

Brigitte décide de marquer une petite pause. Le sourire qu’elle adresse à Patrice en dit long. Laurent ne dit rien, mais après les propos tenus sur le plaisir, il se méfie un tantinet. Il est clair que Brigitte n’est pas insensible au charme de Patrice. Le ton et le brin d’humour qui composent ce troisième chapitre ont fini par la convaincre. Ces quelques pages la confortent dans son désir de faire corps avec l’auteur. À trois contre un, Laurent a du souci à se faire ! Pourtant, lui aussi est nettement moins réfractaire vis-à-vis de l’histoire. Il ne sait pas encore ce qui l’attend et que Patrice lui rappelle :

– Patrice : Bon, après cette petite pause, nous allons entrer dans le vif du sujet… J’ai écris mes idées, mes propositions en quelque sorte, pour peut-être sortir du marasme… Je dis bien peut-être, car il conviendrait pour se faire, que les gens prennent conscience de leurs propres lacunes !... Je ne sais pas qui à envie de poursuivre la lecture, mais dès que nous aborderons les passages desdites propositions, chacun de vous aura pour mission de suggérer son idée… Là, je prendrai des notes… Ensuite, je rectifierai les passages en fonction des idées émises…

– Laurent : Tu feras comme les politiques qui viennent te piquer tes idées en somme ?... Je plaisante bien entendu… Je veux bien jouer le jeu… Je reconnais que cette troisième partie est beaucoup plus agréable… Les voyants ne seront pas de cet avis, mais j’admets qu’il y a trop de guignols dans ce domaine !...

– Virginie : Mon Poussin l’a fort bien expliqué, c’est pour lui la sortie du tunnel… À nous de faire jaillir la lumière !...

– Brigitte : Je vais aller mettre mes lunettes de soleil alors !...

L’ambiance est lancée. La boutade de Brigitte à elle seule, contribue à conforter la sérénité de ce climat feutré et convivial. Plus d’attaques, de causticité, pour Laurent c’est très sécurisant. Quelques petites pointes çà-et-là, mais rien à voir avec les matraquages précédents. Cette brusque transition, permet au banquier de mieux saisir le sens du roman. Il adhère modestement au concept de son déroulement. La chronologie devient soudain moins abstraite à ses yeux. Il ne l’avouera jamais ne rêvons pas, mais les nuages se dissipent et son esprit devient plus réceptif.

C’est finalement Virginie, qui souhaite poursuivre la lecture, ouvrant le bal des fameuses propositions. Elle connaît le manuscrit par cœur et se réjouit déjà d’entendre ses amis réagir aux idées de Patrice :

– Lecture Virginie : (…) « Quelques mois plus tard. Je relis et corrige pour la énième fois mon livre. Je ne pouvais pas laisser le doute plus longtemps au sujet de ce concours mirifique à propos des romans policiers ! J'avais vu juste ; mais vous vous en doutiez un tantinet, compte tenu de mon pouvoir de médium ; je rigole bien sûr ! Bref, lorsque nous avons été convoqués pour la fameuse « Remise des prix », dans un magnifique château au bord du lac Léman, les gagnants étaient déjà connus depuis fort longtemps !

Pour preuve, le lendemain de la cérémonie, nous découvrions médusés dans ce fameux quotidien, les photos des « Lauréats ». Quoi de plus naturel allez-vous me rétorquer ? Vous auriez raison, si un petit détail n’était pas venu briser l’aura de tous les participants. En effet, les photos des « Grands gagnants » ternissaient à jamais, la probité du journal autant que des organisateurs.

Car ces clichés, avaient été pris chez les gagnants, plusieurs jours avant l’annonce des résultats ! Sympa, non ? Comme je m'y attendais, les écrivains étaient très connus ! Grâce à ce concours bidon et tronqué, avec la naïveté de la grosse majorité des auteurs en herbe, ils ont donc de beaux jours devant eux ! J’ai donc rangé le scénario que j’avais envoyé à savoir : « L’Île Flottante », au fond d’un placard.

À l’instar de tout ce qui permet aux gens, de « Croire à une célébrité potentielle », tout est bon pour exploiter leur crédulité. Les émissions de télé réalité en sont une preuve irréfutable ! La question que je me pose, c’est pourquoi les gens sont naïfs à ce point ? Je vous vois venir et je dis que si j’ai participé à ce concours, c’était uniquement dans le but de prouver la supercherie ! Donc, merci de ne pas me ranger dans le troupeau des naïfs. Est-ce le besoin de paraître ? L’envie de se sentir supérieur ? Je ne pense pas. Tout simplement à mon humble avis, le désir de sortir de la merde dans laquelle ils sont depuis tant d’années. Voilà pourquoi, là encore, le créneau des arnaques en tout genre est tant usité par les dirigeants. J’essaierai d’être plus précis dans mes propositions à ce sujet.

Je parlais de propositions, qui seront la conclusion de mon roman. Je crois que le moment est venu de dévoiler mes idées, sur quelques points fondamentaux. En insistant sur le fait, que même si elles sont jugées débiles, elles sont issues de toutes les analyses et de mes prises de conscience, au cours de ces trente dernières années. Burlesques sans doute, mais sincères tout de même. De plus, elles ont servi pour la plupart, là encore avec mes « Dossiers Brûlants », depuis 98 qu’elles sont sur notre site, de support à bien des hommes (et femmes) politiques !

Il vous suffira de bien les analyser, pour que vous puissiez facilement et sans difficulté, les « Localiser » dans les interventions politiciennes de ces dernières années. Avant chaque proposition à proprement parler, pour en faciliter la compréhension, je vais essayer au préalable, de résumer la situation vécue par la base. Une sorte de synthèse afin de ne pas occulter les points essentiels s’y rapportant, que j’ai développés dans les chapitres précédents. Une piqûre de rappel en quelque sorte. Même si cela doit vous torturer l’esprit et amplifier votre courroux à mon égard. Alors cette fois c’est parti, je me jette à l’eau.

Première proposition. C’est au niveau le plus élevé de l’échelon social, à savoir les banquiers. Je parle uniquement de puissance et non de valeur. Puisque selon moi, c’est par eux et à cause d’eux, que le marasme est ce qu’il est. Il leur appartient donc, et à eux seuls, d’aplanir les terrains ondulés. Tout le monde parle, franchement ou à mots couverts, de rétablissement économique. Dans quel bourbier sommes-nous ? Les entreprises sont étouffées et croulent sous les charges. Les particuliers sont quant à eux, acculés dans leurs derniers retranchements. Poursuites judiciaires, menaces en tous genres, les gens de la base sont complètement asphyxiés. Tout ça pourquoi ? Parce que le système en place, magouilles mises à part, a tout fait pour les pousser dans des situations irréversibles.

Moralité, les consommateurs peu attentifs, se trouvent pris au piège de cette partition bien orchestrée. Si je résume brièvement la situation financière, j’en arrive aux conclusions suivantes : d’une les artisans, commerçants et petits entrepreneurs, ne peuvent plus faire face ; ce qui engendre les délocalisations. D’où à court terme, une ponction supplémentaire dans le tissu économique. De deux, les particuliers sont eux-mêmes placés sans pitié en position de « Criminels », de par leur impossibilité de payer leurs échéances. Qui oserait contester cette analyse ? Ne levez pas tous les mains en même temps » (…)

Virginie, interrompt sa lecture à la demande de Patrice. Avant qu’il ne révèle sa proposition, il souhaite que ses amis émettent leurs idées sur ce sujet. Comme ils le feront à chacune des neuf propositions. Une fois la situation résumée, Brigitte et Laurent, autant que Virginie si elle le désire, vont débroussailler le terrain en friche qu’elle aura évoqué. En attaquant, involontairement, avec les banquiers, les réactions risquent d’être passablement virulentes. À tout Seigneur tout honneur ne dit-on pas ? C’est donc à Laurent d’ouvrir le débat :

– Laurent : Bon… Inutile que j’insiste sur mon désaccord avec ton analyse… Tu attends autre chose je pense… Voyons voir… Les entreprises avant tout, puisqu’elles sont le pilier de l’économie… Pour ma part, je ferais voter une loi interdisant purement et simplement les délocalisations… Surtout, quand ladite société est bénéficiaire !... Il y a bien longtemps que de telles mesures auraient du être appliquées du reste !... Concernant les gens eux-mêmes, là je te rejoins en partie, je mettrais tout en œuvre pour interdire les cumuls d’emprunts… En gros, ce serait ma proposition…

– Brigitte : Moi c’est plus simple… Augmenter les salaires de cinquante pour cents… Interdire aux grands patrons de gagner des millions, en les distribuant aux employés… Ce sont les ouvriers qui font la richesse d’une entreprise, non ?... Ce serait donc juste qu’ils en bénéficient !... C’est tout…

L’enthousiasme et la conviction de Brigitte amusent tout le monde. Patrice n’oublie pas de prendre quelques notes au passage. Il sourit discrètement car au travers de ce qui vient d’être dit, il se rend compte que la sienne de proposition, tient compte de ces remarques. Il remercie ses amis de se soumettre à ce petit jeu, en insistant sur le fait que plus les gens se manifesteront, plus les solutions seront envisageables. L’union faisant la force, en synthétisant l’ensemble des idées, les problèmes actuels seront résolus. Tout du moins en partie.

Virginie ne désire pas intervenir sur ce sujet, n’ayant pas d’idée très précise. C’est donc à Patrice maintenant, d’exposer son point de vue en expliquant en détail ce qui l’a conduit à ces analyses. Il demande à son épouse de poursuivre la lecture :

– Lecture Virginie : (…) « Ce qui m’amène à la cette première proposition, qui me semble être la plus équitable pour tout le monde... Cet argent, qui ne rentre plus ou qui est, de toute manière, voué aux profits et pertes, les banquiers n’y comptent pas dessus... Quand on atteint les limites extrêmes et que l’argent manque, comment pourrait-on faire pour solder un crédit ou s’acquitter des charges ?... Alors il me semble qu’un geste humanitaire, serait le seul à tirer un trait sur ces regrettables situations de non-retour...

Plutôt que de s’acharner sur les gens, qui deviennent insolvables par la force des choses, ou qui entraînent dans leurs descentes aux enfers des milliers d’individus, pourquoi ne pas faire en sorte « D’effacer », purement et simplement les dettes ?... Perdu pour perdu, l’argent c'est certain, ne rentrera plus dans les caisses des banquiers... Quand on a tout pillé, volé, et saccagé après une saisie, que reste-t-il ?... Les yeux pour pleurer et l’honneur bafoué, pour les victimes du système... Pensez-vous qu’une personne, après un « Racket » organisé par la justice, au nom de cette dernière, soit en mesure de relever la tête et avoir envie de recommencer à zéro ?...

Car, non seulement elle est ruinée, moralement autant que physiquement, mais son seul « Crime », la poursuit toute sa vie durant !... Casier judiciaire copieusement garni, fichée dans tous les services et à tous les étages de la société, que peut envisager cette personne victime le plus souvent, de son seul manque d’attention ?... Ou le plus souvent « Happée », par les rouages du surendettement programmé... La seule manière de mettre un frein à cette démagogie galopante, c'est relancer d’une manière équitable l’économie... Voilà donc à présent, ce que je suggère dans cette première proposition : Brûler tous les dossiers de dettes et de crédits, concernant les petits qui se trouvent en situation de ne plus pouvoir payer... De même pour les petites et moyennes entreprises... Non seulement au niveau des banquiers, mais également vis-à-vis de l’État et de ses nombreux services éternels « Pompeurs de fric » : impôts, retraites, sécurité sociale etc... En exonérant pendant cinq ans de toutes taxes, un chef d’entreprise par exemple... Il a besoin d’un bol d’oxygène... Non seulement on lui donnerait la possibilité de poursuivre son activité, mais en plus, de prévoir son développement... Si en plus, on efface ses dettes passées, là, on est certain de le voir embaucher du personnel !...

Petit rappel de plagiat d’idée : Les exonérations fiscales, ça ne vous rappelle rien ?... N’est-ce pas ce qui est en train de se passer en France, depuis le début de 2007 ?... Simple remarque amicale au passage!... C’est pour cela que j’ai décidé de tenter de faire publier ce roman, afin que les gens soient témoins des abus dont les auteurs sont souvent victimes... De même pour le particulier... Il ne peut plus payer ?... Alors on le gracie de toutes les charges et accusations... L’argent encore une fois, est de toutes manières considéré comme perdu... Alors, un geste humanitaire, avec à la clef un honneur retrouvé, quel est le citoyen digne de ce nom qui n’éprouverait pas de reconnaissance ?...

Plutôt que s’acharner, procédures judiciaires en tête, à enterrer davantage un être humain, pourquoi ne pas lui accorder les circonstances atténuantes et l’aider à oublier son erreur ?... Certes, une étude préalable des dossiers serait de rigueur… Que ce soit pour l’entrepreneur ou le particulier, chaque cas devrait être étudié et examiné à la loupe... Par un comité d'éthique cela va de soi...

Il me semble bien avoir entendu il n’y a pas si longtemps, cette séduisante « Proposition » émanant d’hommes politiques... Bref… Dommage qu’ils n’aient pas la pudeur, encore moins la politesse, de citer leurs sources !... Facile de venir « Piquer » les idées des autres, sans avoir la délicatesse de l’avouer ; c’est ça, la politique que je condamne avec véhémence !... Vous comprenez mieux pourquoi, depuis 1995 que j’essaie de publier mon roman, je me heurte au mutisme des grands éditeurs !... Ils vont sans doute me rétorquer, qu’ils n’ont pas besoin de moi ? Alors pourquoi dans ce cas, avoir attendu si longtemps pour les mettre en application ?...

Je reviens à ma proposition relative aux dettes... Pas question en effet, de « Gracier » un branleur, qui aurait dépensé son argent pour son seul plaisir ; villa, bagnoles de luxe, train de vie exagéré etc... Par contre, le pauvre bougre, qui s’est privé de tout, pour survivre et honorer ses échéances, et qui, à bout de forces capitule, celui-là, OUI, il faut lui donner la chance qu’il mérite…

Il y a quand même plus de victimes que de coupables... D’accord, il est plus facile de poursuivre en justice un petit ouvrier, qu’un gros bonnet de la drogue !... Le premier n’a aucun moyen de se défendre et n’a que son honnêteté à mettre en balance... Sa bonne foi, son envie de liquider ses dettes et éviter le pire, personne n’en tient compte… Il gagne cent francs, et on lui « Impose » de verser plus de cinq cents !... Faute de quoi, il sera traduit en justice et condamné !... L’autre peigne cul par contre, avec les amis de ses amis, jouit d’une impunité totale !... À grands coups de millions, il détourne, vole, abuse, et s’en vante... Qu’est-ce que la « Justice » peut faire contre une ordure de cette espèce ?... Rien !... Alors pour compenser et redorer son blason, elle matraque à bout portant un être sans défense !... C’est cela ce que l’on appelle encore la démocratie ?...

On peut encore aller plus loin dans le désir de rééquilibrer une Nation... L’argent sale, les combines, les dessous de table, jamais on ne pourra les empêcher... La corruption ne va pas, du jour au lendemain, baisser d’intensité ni s’amoindrir... Ce qu’il serait judicieux de rétablir, c’est un sentiment plus honorable d’équité... Que les gros s’en mettent plein les poches, peu importe... Que les petits en fassent les frais, plus d’accord...

C’est ce qui me fait penser à cette seconde partie de proposition... Si la première était acceptée, déjà, le bol d’oxygène offert, serait de nature à diminuer d’au-moins quarante pour cent le chômage... Les artisans moins étouffés, les particuliers enclins à la consommation d’une manière plus raisonnée mais dynamique, il y aurait de quoi relancer la machine économique... Qui peut le moins peut le plus ?...

Restons dans le cadre des entreprises... Monsieur Dumachin, aurait besoin de cinq mille Euros pour améliorer le rendement de son entreprise... L’étude qui venait d’être faite sur lui, pour le délester des charges et de ses arriérés de remboursements, met en exergue un potentiel merveilleux… Pour ce faire, il lui faudrait investir dans un matériel adapté mais hélas, hors de portée… Banco !... Voilà tes cinq mille Euros... Tu peux rembourser combien par mois ?... Dans combien de temps penses-tu avoir terminé de rembourser ce prêt ?... Parfait, disons cinq ans...

Alors pendant ces cinq années, tu ne paieras plus ni impôts ni charges patronales ; là encore, cette idée a été « Adoptée » par certains politiques... Par contre, au terme de ton engagement, tu auras embauché cinq personnes à temps plein... Ceci fait partie du contrat ; donnant, donnant... Si tu cherches à nous baiser la gueule, là, tu passeras au tourniquet !... Non seulement tu payeras toutes les exonérations dont tu as bénéficié, mais en plus, tu seras exclu à vie de l’Association (qui fera l’objet d’une explication plus tard), chargée de la répartition des fonds aux entreprises...

Le particulier, qui aurait été aidé de la même manière et débarrassé de ses dettes, s’engagera à verser annuellement à cette Association, un petit pourcentage des sommes dont il a été délesté, au titre de son adhésion... Ce qui assurera un fond propre à cette Association, en plus des mensualités de chaque entreprise, remplissant toutes les garanties, indexées au coût de la vie seulement...

Les intérêts et autres pièges à cons, n’existeront plus dans cette Association... Je te prête dix mille balles, tu me les rends, un point c’est tout ; selon tes possibilités et non des « Barèmes en vigueur » !... Les empires financiers, n’existeraient plus que pour gérer les fortunes et les patrimoines... Après tout, ce n’est pas avec nos maigres économies, qu’ils parviennent à se faire des montagnes de fortunes ?... Alors qu’ils restent entre eux... Une Association donc, appelée « France Assistance », dans chaque département, pourrait largement assumer le rôle de banque privée...

Prêts aux particuliers, qui verseraient leurs salaires bien sûr ; aides aux entreprises en difficulté ; secours d’urgence aux familles en détresse... Quand je parle de prêt, je parle à taux préférentiel naturellement !... Plus d’hérésie à ce niveau !... Deux à trois pour cents par an, cela me paraîtrait raisonnable… De plus, l’argent des salaires serait productif ; équivalent au taux d’intérêt des emprunts contractés par exemple ?...

En attendant, débilité ou pas, dans le concept actuel, ce serait sans doute une solution comme une autre, pour annihiler les iniquités sociales, et neutraliser définitivement le chômage... Pas de promesses illusoires et bidon, ni de « Carotte » gouvernementale... Plus de « Primes » aussi nébuleuses qu’elles sont dévalorisantes ; pour les chefs d’entreprises, autant que les pantins qui en sont les soi-disant destinataires…

Si on ne lutte pas courageusement contre ces fléaux, en se contentant de placer des pansements sur des jambes de bois, la pénurie s’accentuera encore... On s’en moque des autres pays !... Chacun est libre d’agir à sa guise... Si du jour au lendemain, de telles propositions voyaient le jour, tout le monde serait à genoux devant la France... J’aime mon pays... Je sais qu’il a les moyens de retrouver sa force et sa noblesse... Encore faut-il avoir le courage de lutter contre les dictats imposés par les requins.

Qu’on commence par valoriser celles et ceux qui sont en mesure de lui apporter le savoir, avant de les détruire, à cause de ce maudit pouvoir... Les technologies, le savoir faire, sont unanimement reconnus à travers le monde ; sauf par les cons et les jaloux naturellement... Une dernière fois, pour conclure cette première proposition, l’argent des dettes dont seraient délestés celles et ceux qui en seraient reconnus dignes, est condamné de toute façon !... Harceler plus que de raison, intimider d’une manière ou d’une autre, pression ou chantage, cela ne sert à rien... Quand on touche le fond, on s’y écrase... Une fois que les biens sont saisis, que peuvent piquer les huissiers ?...

Alors perdu pour perdu, autant que les victimes soient réhabilitées dans leur dignité et que toutes les sommes dues, disparaissent dans les oubliettes, offrant ainsi un nouveau mode de vie humanitaire... Je suis absolument convaincu que si demain, les banquiers (autant que toutes les pompes à fric), optent pour cette initiative, leur côte de popularité n’en serait que grandie et valorisée... Tous les postulants au plus hauts rangs, pendant les campagnes, n’arrêtent pas de crier haut et fort, leur envie de redonner au peuple, l’envie et les moyens de se battre !...

Ce désir ne serait-il pas exaucé, si d’un coup de baguette magique, toutes les dettes étaient gommées ?... Pour conclure je dirais qu’au point où nous en sommes, il faudrait peut-être aussi songer à « Laver » l’argent sale ?... La prostitution, la drogue, les magouilles, sans oublier les incontournables bakchichs et autres pots-de-vin, en génèrent pas mal il me semble !... Plutôt qu’il soit « Consigné » dans des coffres, à l’abri dans les paradis fiscaux, à la disposition de quelques ripoux n’en doutons pas, autant le mettre « Officiellement » dans le circuit, pour aider les plus pauvres et les patrons, qui en ont vraiment l’utilité !...

À l’instar d’une nappe phréatique, qui ne se recharge pas en période de sécheresse, à force de pomper et de planquer le fric dégueulasse, il finira par manquer à tous les niveaux de la société!... Le mot « Sale », incarne beaucoup plus que les seules malversations dont il est issu ; à savoir, un appauvrissement de l’humanité, plus ou moins voulu et mis en place…. Ces agiotages, amenuisant l’économie en ponctionnant ces milliards, ne seraient-ils pas élaborés délibérément, pour préparer une inflation grandiose ?... Les crashs boursiers par exemple, ne sont-ils pas provoqués pour justement, remettre l’argent sale en circuit ?... Simple questions ! » (...)

Laurent bien entendu, réagit promptement. Il ne remet pas en cause loin s’en faut, la générosité de son ami, dans son désir de voir les injustices s’amenuiser. Par contre, en sa qualité de banquier, il ne peut pas on s’en doutait, cautionner une telle proposition :

– Laurent : J’espère que tu n’es pas sérieux dans ce que tu proposes ?... Supprimer les dettes ?... Là je rêve ou quoi ?... Tu réalises un peu les millions que cela représente ?... Après tout, on n’a obligé personne à faire un crédit que je sache ?... Et ce n’est quand même pas à nous d’en subir les conséquences !... Les gens doivent assumer jusqu’au bout mon cher !...

– Patrice : Oh c’est certain, à ce niveau vous êtes intouchables… Qui est responsable, nul ne le saura jamais… Par contre, les banquiers en tête, vous profitez bien des conséquences liées au surendettement non ?... Avant d’accorder un prêt, si vous faisiez votre travail correctement, la moitié des crédits accordés serait refusée… Toi par exemple… Je veux dire ta banque… Combien de contentieux gère-t-elle en ce moment ?... Quels sont les montants qui ne tarderont pas à passer en pertes et profits ?... Comment penses-tu récupérer cet argent, alors que les clients sont totalement insolvables ?...

Le ton monte graduellement. Laurent se trouve en difficulté c’est indéniable. Les arguments avancés par Patrice, sont loin d’être dénués de bon sens. C’est un peu le chat qui tourne en rond pour se mordre la queue. En attendant, les chiffres sont là pour conforter le bien-fondé de la proposition de Patrice. Perdu pour perdu l’argent ainsi « Offert » à celles et ceux qui le méritent encore une fois, pourrait servir de déclic pour une relance de l’économie. Par quel autre subterfuge, pourrait-on donner envie de se battre, à un être humain crucifié sur l’hôtel de la mise à mort ? Même Brigitte, pourtant bien au fait des problèmes bancaires, s’interroge :

– Brigitte : Tu crois vraiment que ce serait possible ?... Qui te dit que les gens qui bénéficieraient de cette remise à plat de leur endettement, n’en profiteraient pas abusivement ?... J’en connais qui se feraient la belle dans un pays où l’extradition n’est pas en vigueur !... D’accord, je trouve ton idée géniale et humaine surtout… Mais… Je reste sceptique malgré tout !...

– Virginie : Mon Poussin l’a très bien expliqué dans sa proposition… Dans l’éventualité d’un abus de la part des bénéficiaires, ils seraient poursuivis et condamnés !... Bien avant de s’évader dans un paradis fiscal, ils seraient appréhendés !... Le risque de dérapage à mon avis, est donc très limité, par rapport aux bienfaits que cela pourrait apporter !... De plus, à mon avis, un être humain qui recouvre son honneur et sa dignité, n’aura qu’une envie, de se battre et non s’éclipser !...

Le débat s’éternise et devient presque stérile. Chacun défend bec et ongles son point de vue. Par contre, le point d’achoppement majeur, se situe au niveau de l’argent sale. Quel banquier en effet, admettrait que ses coffres contiennent plus d’argent sale que d’argent propre ? Pourtant, quand on écoute à droite et à gauche les informations, les paradis fiscaux ne sont pas nécessairement à l’autre bout du monde ! Les scandales qui impliquent certains organismes banquiers, surtout en ce début de siècle, ne peuvent que conforter cette affirmation.

Mieux vaut comme le suggèrent les deux épouses, abandonner le débat sur l’argent sale. Même Laurent à son niveau de toute manière, n’est pas au courant des transactions illicites que la haute direction de sa banque trafique. Si au moins, il n’était pas banquier, il y aurait moins de tension entre les deux copains ! Sur cette petite remarque amicale, Virginie reprend la lecture :

– Lecture Virginie : (…) « Après les banquiers, respectant la chronologie des responsabilités, viennent ceux qui manipulent tout le monde. Je parle des responsables politiques qui selon moi, sont loin d’être des blanches colombes. Là encore, les nombreuses « Affaires » impliquant certains chefs d’États sont suffisamment éloquentes. Ce qui me laisse à penser que l’argent sale n’est pas prêt de disparaître ! Quoi qu’il en soit, ce n’est pas l’objet de ma seconde proposition. Je vais essayer de voir si oui ou non, il serait possible de gérer un pays d’une manière plus rationnelle. Oui je sais, certains vont hurler avant même d’avoir lu : « Mais de quoi il se mêle ce branleur ? ».

Je m’occupe de ce qui me regarde, chers moutons, rien de plus. En essayant de faire en sorte, surtout pour cette seconde proposition, d’intéresser directement la population. Selon moi, en répartissant les rôles entre le sommet et la base, équitablement pour une fois, un pays peut très bien être géré en harmonie. Même si les magouilles ne pourront pas être enrayées, en disposant d’une entité gouvernante digne de ce nom, les chances de combattre les fléaux majeurs seraient plus évidentes.

Pour cela il n’y a qu’une façon possible : intéresser tout le monde, du plus jeune au plus âgé. De moins en moins, les exemples sont probants sur ce point, les électeurs accomplissent leur devoir électoral. Est-ce par dépit, par lassitude ou simplement par négligence ? Que nenni les amis ! Moi j’appelle ça du ras-le-bol tout simplement. Voter pour qui, pour changer quoi ? À ces questions fondamentales, il serait judicieux d’apporter des réponses. Oui mais voilà, qui, en l’état actuel des mentalités, serait en mesure politiquement parlant, de ruer dans les brancards et modifier la trajectoire de cette fusée nommée désespoir ? Je vois ! On gueule, on s’insurge, on manifeste et on critique, mais pour ce qui est de lever le petit doigt, là, tout le monde s’inscrit aux abonnés absents. C’est facile vous ne trouvez pas ?

Seconde proposition : Respectant la chronologie de mon premier chapitre, j’en arrive à ma deuxième proposition. Celle qui intéresse l'ensemble des gouvernements. Gérer un pays, à mon avis, c’est avant tout gérer une grande famille comme j’ai eu l’occasion d’en parler. À l’instar d’un couple, si tout le monde veut commander, sûr que c’est la merde assurée. Sans parler des discordes et des conséquences. Pour un pays c’est du pareil au même. A-t-on vraiment besoin de tant d’éminents pseudos « Spécialistes » ? C’est la question que je me pose. Alors, schématiquement bien sûr, voilà comment je conçois les futurs États. Pour mon Pays avant tout, même si je l’ai quitté depuis 1990 » (…) (suite sur le livre)...

L'extrait représente ~ les 40 premières pages du troisième chapitre, sur les 143 originales

© Copyright Richard Natter

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ISBN 978-2-9700633-7-7

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