Les extraits de tous les livres sont à lire sur le site. En aucun cas, une autorisation de diffusion ou de copie (même partiellement), ne sera accordée à qui que ce soit © Richard Natter.

* FIRMAMENT DE L'AMOUR *

Chercher pendant des ans l'équilibre parfait

Idylle d'un amour qu'en vain l'on imagine

Ardents de mille feux nostalgiques ou distraits

Nous pleurons trop longtemps sur un passé en ruine ...

Je n'ai pas échappé durant ces quarante ans

Aux règles d'une vie implacable et cruelle

Qui souvent sans pitié dissipait mon allant

M'entraînant vers le froid de sinistres ruelles ;

Tel un voilier sans mat traversant l'océan

J'essuyais impuissant les plus sombres orages

Sans vouloir me guider vers le soleil couchant

M'accrochant épuisé aux barreaux de ma cage ;

De récifs en écueils la coque du bateau

Fragile protection déchirait son écorce

Percé de toutes parts le navire prenait l'eau

Et à demi coulé perdait toutes ses forces ;

Malheureux naufragé vidé de tout mon sang

J'agonisais vaincu dépouillé de mon âme

Que je confiais à Dieu dans un ultime élan

Avant de m'endormir et oublier ce drame ...

Soudain tel un mirage un Ange est apparu

Eclat presque aveuglant au fond de mon abîme

Divine dulcinée que je n'espérais plus

Vers qui j'adresse ému mes prières intimes ;

Le sanglot dans la voix les larmes au fond des yeux

Je t'avoue sans pudeur mes chagrins et mes peines

Sans condamner pourtant en dépit des aveux

Les coupables absents dominés par la haine ;

Avec toi peu à peu mon passé disparaît

Dans tes bras doucement l'avenir se dessine

J'oublie jour après jour l'enfer qui me hantait

Je découvre l'amour qui enfin me fascine ;

Jamais si doux regard ne s'est ainsi tourné

Sur l'homme que j'étais avant de te connaître

Jamais si beau sourire enclin de volupté

N'aura su me donner cette envie de renaître ;

Je me laisse bercer par les tendres murmures

Qui en flots scintillants me font tant frissonner

Je découvre ébahi en quittant mon armure

La beauté de ton corps et son charme feutré ;

Sans honte ni remords avec toi mon amour

Oubliant le passé gardien de mes bêtises

À genoux je veux bien m'engager pour toujours

Et découvrir enfin notre terre promise ;

Sagement tu me guides évitant les erreurs

En attendant le jour ou enfin pour la vie

Dans un écrin d'amour enfermant nos deux cœurs

Nous vibrerons d'espoir en clamant notre envie ;

Avec Dieu pour témoin nous connaîtrons bientôt

Par le saint sacrement les frissons du mariage

Heureux main dans la main négligeant les ragots

Nous partirons demain pour le plus beau voyage ...

... Mon bel Ange aux yeux verts m'entraîne au Firmament

De l'amour enivrant où mon cœur s'y repose

Oubliant les malheurs occultant les tourments

Désireux de choyer la plus belle des roses ...

© Richard Natter (Genève 1990)

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* LES MASQUES DE LA VIE *

...Amour que deviens-tu derrière la comédie ?

Pourquoi dissimuler le charme du concret ?

Échappant aux regards quand tu n'as plus envie

De ne montrer de toi que le masque imparfait ...

Antique religion dans le cœur des soumis

Monnaie de courtoisie pour les dieux de l'inceste

Tu n'es plus qu'un jouet dans ces corps appauvris

D'où tu es rejeté de peur que tu n'empestes ...

Pour le masque d'un rang tu sers de trait d'union

Caution des intérêts de cupides humains

Qui se rient du malheur qu'en de telles occasions

Ils infligent à tous ceux qui auront toujours faim ...

Le masque d'un pays lui sert de bouclier

Sans pour autant vraiment protéger la Nation

Qui tremble à la merci d'hypocrites alliés

N'offrant pour amitié que bombes à neutrons ...

La politique aussi de masques est revêtue

Pour mieux se déguiser et dans l'ombre affûter

Le sinistre poignard qui saigne nos vertus

Chimériques valeurs qui gênent ses pensées ...

Les masques sont aussi présents chez les patrons

Injustes et sans pitié pour tous ceux n'osant pas

Jouer la comédie des baisses pantalons

Refusant dignement un répugnant emploi ...

Les masques sont partout attirants et moqueurs

Détruisant peu à peu courage et volonté

Présent multicolore d'une absente valeur

Projets de lendemains lâchement estompés ...

...Nous n'avons qu'un seul cœur nous n'avons qu'un seul Dieu

Mais nous ne savons plus n'offrir qu'un seul visage

Aux yeux d'un monde fou compromis et vicieux

Qui éteint peu à peu l'éclat de son image ...

© Richard NATTER.  (Seyssinet-Pariset 1976)

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* LES ENFANTS DE DEMAIN *

... Ils naissent aujourd'hui avec autour du cou

En guise de bijoux le collier de la mort ;

Ils traînent à leurs pieds comme unique joujou

La chaîne et le boulet qui les clouent sans remords...

Les yeux à peine ouverts les voilà condamnés

À mourir lentement sans le moindre secours

En dépit des élans d'amour et d'amitié

Que nous leur apportons à travers nos discours ...

Pourtant ils ont un cœur et leur sang n'est pas noir

Ils aiment leurs parents comme tous les enfants

Mais ils pleurent tous les jours n'ayant aucun espoir

D'être enfin reconnus et vivre pleinement ...

Parce qu'ils sont de couleur et qu'ils croient en leur Dieu

Ils subissent déjà bien avant de marcher

La loi des inconscients qui par vice ou par jeu

Détruisent peu à peu le mot Fraternité ...

Qu'ils soient dans un désert aride et meurtrier

Parqués dans un ghetto ou vendus comme esclaves

Ils ont au fond du cœur soumis et résignés

L'envie de se hisser au sommet de l'étrave ...

Otages du progrès qui courbez votre échine

Sous le poids d'un fardeau dont vous ne voulez plus

Arrachez de vos cous les colliers en épine

Et reprenez la terre dont vous êtes exclus ...

Martyrs du monde entier qui portez votre croix

Dites-vous que demain vos enfants eux aussi

Subiront les effets de la faim et du froid

Si vous perdez l'espoir de sauver vos pays ...

... Les Enfants de Demain auront au fond du cœur

L'unique volonté d'effacer cette image ;

Unis main dans la main dans un jardin de fleurs

Ils oublieront ainsi ces ignobles carnages ...

© Richard NATTER.  (Grenoble 1985)

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* MAMAN DIS-MOI POURQUOI *

L'enfer pour un enfant au siècle d'aujourd'hui

C'est d'être à chaque instant sans qu'il en ait le choix

Le martyr incompris de parents désunis

L'éternel délaissé celui qu'on n'entend pas ...

Le couple déchiré ne le voit plus frémir ;

Affolé par les cris perdant tous ses appuis

Il ne fait que pleurer ne pouvant plus sourire

Il attend simplement qu'enfin tout soit fini ...

L'orage a éclaté et l'enfant tristement

Arpente les chemins de sa nouvelle vie

Cahoté cà-et-là n'ayant plus pour parents

Que deux êtres inconnus assoiffés de mépris ...

Chacun de son côté essaie de lui faire croire

Qu'il est toujours le même et que rien n'a changé ;

Mais le cœur de l'enfant d'illusions en déboires

Est très vite perdu dans ces aveux truqués ...

Tandis que les parents tirent un trait sans remords

Sur ce qui désormais appartient au passé

L'enfant est au milieu qui redouble d'efforts

Pour ne pas dans l'eau sale finir par se noyer ...

À peine habitué à partager en deux

Son amour et son temps qu'il offre de bon cœur

Le voilà à présent perdu et malheureux

Au milieu d'autres gens qui accentuent sa peur ...

Deux papas deux mamans de nouveaux grands-parents

Il ne sait plus du tout à quel saint se vouer ;

Il aime son papa il aime sa maman

Il voudrait tellement pouvoir les retrouver ...

Il n'a plus désormais dans sa morne prison

Qu'un mutisme profond dans lequel solitaire

Il essaie de trouver les réponses aux questions

Auxquelles nul ne répond par peur de lui déplaire ...

... Maman dis-moi pourquoi j'ai pas de petit frère ?

Maman dis-moi pourquoi tu me tends plus tes bras ?

Maman dis-moi pourquoi la nuit mon cœur se serre ?

Maman dis-moi pourquoi papa il est plus là ?...

© Richard NATTER  (Grenoble 1986)

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* MESSAGERS DE LA PAIX *

... L'honneur et la vertu s'effritent peu à peu

L'humanité aussi malgré les apparences

Réduisant à néant le cœur des malheureux

Qui dans tous les pays s'étouffent en silence ...

Les ruines autour de nous témoignent du déclin

D'un monde fatigué au bord de l'agonie

Balayé par le vent d'un funeste destin

Conduisant tour à tour les hommes à la folie ;

Mais le Dieu tout puissant pour conjurer le sort

Épargne des éclats deux blondes chevelures ;

Rougis par tout le sang s'échappant de leurs corps

Deux enfants se relèvent et soignent leurs blessures ...

À peine terminé en Nobles Chevaliers

Ils partent fièrement ouvrir toutes les cages

Dans lesquelles impuissants se meurent les prisonniers

Qui dans tous les pays sont tenus en otage ;

Parcourant sans répit dix fois notre planète

Se moquant du danger les voilà maintenant

Au devant de tous ceux qui relevant la tête

Oubliant le passé regardent droit devant ...

Peu à peu sur la terre et grâce à deux enfants

Le soleil de la paix par ses rayons magiques

Inonde à l'infini l'immensité des champs

Retrouvant à jamais leur éclat magnifique ;

Les fleurs ont remplacé la poudre des canons

Des obus meurtriers qui détruisaient la vie ;

Dans les vastes prairies on sème le gazon

Effaçant à jamais les guerres que l'on oublie ...

Les armes sont rangées effaçant les querelles

Un parfum d'amitié embaume tous les cœurs

Des chants de nostalgie aux douces ritournelles

En égayant nos vies font oublier les pleurs ;

La Nature à son tour se fait une beauté

Pour fêter dignement ce jour de fiançailles !

Eclatant de verdure et de reflets dorés

Elle fête à sa façon ces Nobles retrouvailles ...

... Messagers de la Paix qui partagez mon vœu

Venez donc avec moi neutraliser les armes !

Allons main dans la main ne soyons pas peureux

L'Égalité demain retrouvera son charme ...

© Richard NATTER. (Marthod 1988)

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* LES YEUX D'UN CŒUR *

... La nuit qui vous entoure d'un éternel obscur

Vous prive des regards portés avec les yeux

Sur l'horizon fuyant d'une verte Nature

Négligée par les sots qui se croient malheureux ...

Dignement sans gémir vous acceptez le sort

Qui vous a isolés dans un profond néant ;

Inhumaine frontière que l'égoïsme ignore

Solitude et chagrin dans ce désert brûlant ...

Pour vous pas de soleil encore moins de ciel bleu !

Les couleurs de la vie brillant de mille éclats

Jamais ne parviendront à égayer vos yeux

Enfermés dans le noir qui ralentit vos pas ...

Vous refusez pourtant de blâmer le destin

Que vous n'accablez pas malgré votre fardeau ;

Les pièges sont nombreux sur ce morne chemin

Étalant sous vos pieds son sinueux manteau ...

Mais votre volonté vous permet de sourire

Et de vous affirmer en dépit des tourments ;

La vie devient chanson qu'un Ange sur sa lyre

Fredonne dans vos cœurs qui s'ouvrent pleinement ...

Ce jardin merveilleux qu'au monde vous offrez

Exemple de douceur et de bonté sans fin

Devrait permettre aux gens voulant encore aimer

De se mettre à genoux et vous tendre la main ...

Vous ne pouvez pas voir la couleur de la peau

L'habit ou la beauté des gens qui vous entourent ;

Des modestes logis aux fabuleux châteaux

Pour vous rien ne diffère partout aux alentours ...

Rien ne vous influence en aucune façon

Quel que soit le degré d'hypocrisie masquée

Peaufinée par les gueux vivant de corruption

Méprisant les valeurs d'honneur et de fierté ...

La voix de l'être humain pareille au chant d'oiseau

Vous permet de juger sans le moindre artifice ;

Lorsque le son est pur dans vos cœurs il fait beau

Et confiants vous tendez vos mains tendres et lisses ...

... Il n'y a pas je crois de plus triste néant

Que celui dans lequel l'égoïsme conduit ;

Il n'y a pas non plus d'avenir éclatant

Pour les cœurs sans valeur qui n'ont jamais fleuri ...

© Richard NATTER.  (Fontaine 1984)

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* PUTAIN POUR UN CAMÉ *

... Ils s'aimaient tendrement souriants et heureux

Amoureux ingénus rêvant au mariage

Négligeant les tourments ils s'en allaient tous deux

Sur les chemins fleuris oubliant leur jeune âge ...

Frêle enfant malgré tout le pauvre fiancé

En n'osant pas dire non fuma la cigarette

Que lui tendait ravi un sinistre camé

Afin de l'inviter à venir faire la fête ...

L'amour ne suffit plus l'envie en lui grandit

Le voilà maintenant englouti dans le vice ;

La pauvre dulcinée en son âme meurtrie

Assistait humiliée aux ignobles supplices ...

Ils n'étaient pas mariés mais elle aimait vraiment

Celui qui désormais loin des belles promesses

N'était plus qu'un paumé capable pour l'argent

De tuer père et mère et sa belle princesse ...

Pour calmer les humeurs du héros déchiré

La Noble demoiselle en putain se transforme

Convaincue de pouvoir enfin récupérer

L'amour et le bonheur avant qu'elle ne s'endorme ...

Elle fournissait ainsi en payant de son corps

L'argent de ce fléau véritable doctrine

Enseignée lâchement par ces ignobles porcs

Heureux de s'enrichir sur ces amas de ruines ...

Mais Dieu ne permet pas à ses brebis perdues

De souffrir plus longtemps qu'il ne supporte pas

L'overdose est fatale il n'y a plus d'issue

Le jeune homme à son tour passe de vie à trépas ..

La pauvrette effondrée en pleurant son amour

Ne pouvant supporter plus longtemps la souffrance

S'abandonne aux amants la nuit comme le jour

Assouvissant ainsi leurs piètres jouissances ...

Elle résiste pourtant aux assauts monstrueux

Des camés acharnés se passant les seringues

Exposant au sida de leurs sexes vicieux

Le corps de la fillette atrophié par ces dingues ...

La drogue a foudroyé celui qu'elle adorait

Aujourd'hui lâchement le sida la condamne

Terrassant de douleur cet Ange si parfait

Qui déplore en mourant la drogue et ses arcanes ...

... Putain pour un camé elle s'éteint à son tour

Après avoir lutté usant toutes ses forces

Pour sauver un enfant des griffes des vautours

Sacrifiant sa vertu dans des moments atroces ...

© Richard NATTER.  (Albertville 1989)

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* ROUMANIE MON AMOUR *

...Au prix du sang versé par tes pauvres enfants

Dans ce combat hideux qui dans les rues fait rage

Tu traverses isolée de biens sombres instants

Pour scier les barreaux de ta sinistre cage ...

Vingt cinq ans acculée dans les nuits de ta peur

Imposées par un fou émule de Staline

Qui sans foi ni pitié méprisant ton honneur

Jouissait de son rang avec sa concubine ...

Nicolas Hélèna tyrans sauvages et sourds

Se gavaient lâchement de confort et d'incestes

Parés sans en rougir de leurs plus beaux atours

Apathiques sorciers que le peuple déteste ...

Pendant plus de vingt ans étouffés et meurtris

Tes enfants humiliés sur leurs frêles épaules

Ont supporté le poids de ce monstre bouffi

Ravi de les boucler dans une ignoble geôle ...

Dans l'ombre cependant se moquant du danger

Le peuple préparait l'historique révolte ;

L'honneur au fond du cœur tes Nobles Chevaliers

Rêvaient d'anéantir ce duo désinvolte ...

En ce quinze décembre ils passent à l'action ;

Le despote affolé redoutant la sentence

Essaie vers l'étranger de trouver le pardon

Arrogant isolé rampant vers l'espérance ...

Dix jours d'âpres combats jonchant les rues de morts

Dix jours pour effacer vingt ans de léthargie

Dix jours pour triompher et conjurer le sort

Dix jours pour découvrir la Liberté chérie ...

En ce jour de Noël bien plus que de bonheur

Sur des millions de joues se répandent les larmes ;

Ceausescu n'est plus mais qui est le vainqueur ?

Sauras-tu Liberté les combler de ton charme ?

...Roumanie mon Amour que ta révolution

Apporte au monde entier au seuil de l'an deux mille

L'envie de ne plus voir les armes et les canons

Ruiner les survivants n'ayant plus de famille ...

© Richard NATTER.  (Albertville Décembre 1989)

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8 poèmes sur les 33 du recueil 1

© Copyright Richard Natter

Accueil Recueil 1

ISBN 978-2-9700633-5-3

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