...Chercher pendant des ans l'équilibre parfait

Idylle d'un amour qu'en vain l'on imagine

  Ardents de mille feux nostalgiques ou distraits

Nous pleurons trop longtemps sur un passé en ruine...

Je n'ai pas échappé durant ces quarante ans

Aux règles d'une vie implacable et cruelle

Qui souvent sans pitié dissipait mon allant

M'entraînant vers le froid de sinistres ruelles...

Tel un voilier sans mat traversant l'océan

J'essuyais impuissant les plus sombres orages

Sans vouloir me guider vers le soleil couchant

M'accrochant épuisé aux barreaux de ma cage...

De récifs en écueils la coque du bateau

Fragile protection déchirait son écorce

Percé de toutes parts le navire prenait l'eau

Et à demi coulé perdait toutes ses forces...

Malheureux naufragé vidé de tout mon sang

J'agonisais vaincu dépouillé de mon âme

Que je confiais à Dieu dans un ultime élan

Avant de m'endormir et oublier ce drame...

Soudain tel un mirage un Ange est apparu

Éclat presque aveuglant au fond de mon abîme

Divine dulcinée que je n'espérais plus

Vers qui j'adresse ému mes prières intimes...

Le sanglot dans la voix les larmes au fond des yeux

Je t'avoue sans pudeur mes chagrins et mes peines

Sans condamner pourtant en dépit des aveux

Les coupables absents dominés par la haine...

Avec toi peu à peu mon passé disparaît

Dans tes bras doucement l'avenir se dessine

J'oublie jour après jour l'enfer qui me hantait

Je découvre l'amour qui enfin me fascine...

Jamais si doux regard ne s'est ainsi tourné

Sur l'homme que j'étais avant de te connaître

Jamais si beau sourire enclin de volupté

N'aura su me donner cette envie de renaître...

Je me laisse bercer par les tendres murmures

Qui en flots scintillants me font tant frissonner

Je découvre ébahi en quittant mon armure

La beauté de ton corps et son charme feutré...

Sans honte ni remords avec toi mon amour

Oubliant le passé gardien de mes bêtises

À genoux je veux bien m'engager pour toujours

Et découvrir enfin notre terre promise...

Sagement tu me guides évitant les erreurs

En attendant le jour ou enfin pour la vie

Dans un écrin d'amour enfermant nos deux cœurs

Nous vibrerons d'espoir en clamant notre envie...

Avec Dieu pour témoin nous connaîtrons bientôt

Par le saint sacrement les frissons du mariage

Heureux main dans la main négligeant les ragots

Nous partirons demain pour le plus beau voyage...

...Mon bel Ange aux yeux verts m'entraîne au Firmament

De l'amour enivrant où mon cœur s'y repose

Oubliant les malheurs occultant les tourments

Désireux de choyer la plus belle des roses ...

  © Richard Natter * Genève 1990

 

Accueil  /  Passion Artistique  /  Principaux Romans  /  Poésie

Souvenirs de scène  /  Poésie à la carte  /  Figuration  /  Rose d'Or 86

 

PLAN DU SITE