À Gérard

  Je dédie ces quelques petits mots,
A celui qui partage ma fibro,
Quand le dernier diagnostic est tombé,
Je n'ai même pas pu lui en parler !!

Ainsi je ne serai plus comme avant !!
J'ai même un peu plus que… deux fois 20 ans,
Que sera mon pauvre lendemain ??
Moi qui était un vrai bout entrain,

Pendant plus d'une longue semaine,
J'ai gardé pour moi ce problème,,
Avec mes deux mains, j'ai pris mon courage
Avec au fond, un peu de rage,

J'ai commencé à lui expliqué,
Tout doucement, il a murmuré….
Ou donc est ton si grand problème ??
Puisque tu sais combien je t'aime,

Il m'a regardé bien en face,
A posé sa main sur mon visage,
Plus aucun mot n'était nécessaire….
Jamais… je ne l'exaspère !!!

Il a assisté à tous mes essais…
Mais la fibro fait ce qui lui plaît,
J'ai toujours eu plein d'humour et d'amour,
C'est donc la vie qui me joue ce sale tour,

Notre amour est resté le même,
Bien que moi je ne sois plus la même,
Non peut-être est encore plus bien fort !!
Malgré la fibro, nous sommes tous deux FORTS,

Et je remercie tous les matins DIEU,
Pour celui qui m'aide, autant qu'il peut.

©Michèle R.


L'araignée

Aujourd'hui ,telle une immense araignée,
La fibro est venue m'entourer,
Si vite, encore plus que d'habitude,
Mais que sont devenues mes habitudes ??

Elle est là , tissant autour de tout moi,
Ce que moi j'appellerai un voile…
Je la sens , elle m'étreint, me glace !
Je ne veux pas me voiler…la face,

Le voile est devenu.. une toile,
Qui s'acharne sur moi, me fait si mal,
Mais la toile est ..comme la fibro,
Invisible, oui, juste ce qu'il faut,

Aucune lumière… ne la montre,
Mais prise dedans la proie s'effondre,
Le froid entre.. encore plus en moi,
Je voudrai tant faire ma propre loi…..

Avoir une où deux heures de répit,
Même si je hurle, où si je crie !!!!!
Personne ne comprendra ,ne verra,
Ce qui me ronge au fond de moi,

J'ai l'impression que ma tête explose,
Oh.. oui je pourrai faire une pause…..
Mais le réveil….. sera plus difficile,
Les pensées des autres m'horripilent !!

La souffrance est-elle donc accusée ?
Faut-il tant s'abaisser, quémander !!
Dans ma tête , plus d'idée de fête…..
Pour moi c'est une vraie défaite……..

De voir ce qu'est devenu l'homme,
Que les biens portants me pardonnent,
Mais je suis fatiguée, abandonnée..
Par moments je me sens vraiment usée,

Oserai-je croire encore en demain ??
Que quelqu'un puisse me tendre la main ??
Je le voudrai tant, puis-je encore espérer…
Simplement oui simplement EXISTER…..

©Michèle R.


Le temps qui passe

C'est la fin du printemps tant aimé,
Un autre temps s'installe, presque l'été,
La fibro est là dans toutes mes fibres,
Le soleil ne rendra pas mon corps ivre,

De sa lumière, de sa douce chaleur,
Mais ce n'est pas un grand malheur,
La vie continue son bout de chemin,
Je me demande si tout cela est vain,

Tout doucement le corps décline,
Ma pauvre volonté s'incline,
Mais pas ce qui est mon esprit,
Je suis encore si sûre de lui,

Chaque jour, je le réinvente,
Au fond je suis une battante,
Parfois je voudrai crier pitié,
Encore faudrait-il m'écouter,

Mes pauvres mots ne serviront à rien,
Mais en fait ils me font du bien,
C'est toujours encore le même regard,
Qui déclenche ce maudit cafard,

Les yeux des autres qui scrutent,
Leur regard n'a rien d'une brute,
Je suis de plus en plus installée,
A essayer de vivre, de bouger,

L'espoir tout doucement s'en va,
A 60 ans mon corps oubliera,
Il reste encore de longues années,
Personne ne sait le prix à payer,

De ce qui me ronge de l'intérieur,
Cela ne se voit pas de l'extérieur,
Mon cœur est triste à mourir,
Mais je continue de sourire,

Pour ceux qui sont près de moi,
Ceux qui ont encore foi en moi,
Malgré celle appelée juste fibro,
Qui n'est qu'une histoire de MAUX.

©Michèle R.


Ma douleur…

  Ce soir je voudrai hurler ma douleur,
Il me faudrait vraiment des hauts parleurs,
Pour faire comprendre ce que je ressens,
Je viens de découvrir que ma joie en dépend,

Pourtant l'humour me tient compagnie,
Du moins jusqu'à cet instant de ma vie,
J'ai le sentiment que tout s'arrête,
Que le plus petit rien m'embête,

Moi qui riait il y a à peine deux jours,
C'est donc la fibro qui me joue ce sale tour,
Je sais, je sais je dis que le l'accepte,
Combien de temps pour que je me remette,

Je voudrai dire que j'aime la vie,
Mais où est donc mon pauvre esprit,
Je voudrai pouvoir me cacher,
Je n'ai plus rien à expliquer,

Un instant mes yeux se ferment,
Un moment mon cœur se ferme,
Parler d'un semblant d'unité,
Mais ce soir je crois que je vais éclater,

Il me semble que plus rien ne me tient,
Plus aucune main ne me maintient,
Ma gorge se sert, je suis par terre,
Je me sens bien éphémère,

Je ne lâcherai pas ce combat,
Même si je ne sais pas ce qui viendra,
Je voudrai pleurer, mes yeux sont secs,
Je ne veux pas être en échec,

Un instant mes yeux se ferment,
Un moment mon cœur se ferme,
Non c'est impossible,
Il faut que je reste crédible,

Mais non plus ce soir,
J'ai oublié mon espoir,
Demain oui demain.

©Michèle R.


Exclusion

  Est-ce une exclusion nécessaire,
Est-ce une exclusion volontaire,
Pourtant je vis bien avec le monde,
Mais je ne suis plus du même monde,

Les hommes ne font que courir courir,
Mais que veut donc dire ce mot courir,
Il ne fait plus partie de mon langage,
Ce n'est pas encore du à mon âge,

Et pourtant je le voudrai par moment,
Mais en fait est- ce donc si important,
Le corps décline comme le jour décline,
Non ne croyez pas que je m'incline,

Les souvenirs d'avant sont gravés là,
Tout au fond de moi, parfois ils sont là,
Mais la vie d'avant n'est plus possible,
Des gestes devenus impossibles,

Limitent vraiment ce champ de vision,
Nos maux sont des sujets de division,
Car celui qui voit, ne peut comprendre,
Est-ce donc à nous de leur apprendre ?

Quel est donc ce mot étrange " fibro "
Des mots s'ajoutent aux maux, les mêmes mots,
Que faut-il faire pour vraiment exister,
Cette douleur nous fera-t-elle Hurler,

Je sais que nous voulons rester Humain,
Pour cela il faut croire en demain,
En cette lueur de reconnaissance,
Cela ressemblera à une Naissance,

Peut-être une vraie compréhension,
Sans aucune Humiliation,
Car en ce jour les causes sont inconnues,
Mais nos douleurs à nous sont connues,

Je sais, je sais, ces mots sont ordinaires,
Mais je n'ai pas envie de me taire,
Car nous sommes bien là avec nos corps,
Qui nous usent tant au moindre effort,

C'est comme une bouteille jetée à la mer,
Un jour quelqu'un lira ces mots amères,
Un jour ces mots n'auront plus de sens,
Il n'y aura plus ce vide immense,

Faisant de nous des exclues de vie, à vie,
Car ce qui nous reste c'est bien la VIE…

©Michèle R.


Fichue fibro…

  Le temps qui passe, ne m'épargne pas,
La maladie….. continue pas à pas ,
A œuvrer, à casser mon pauvre corps,
Mais je ne parlerais pas de mon sort,

Maintenant ce sont mes doigts, mes mains,
Qui sont prises par ce froid sans fin,
Il en est de même avec ma glossite,
Qui est venue tellement vite,

Que reste-t-il encore à découvrir ??
Le lendemain sera-t-il.. pire ??
Combien de médicaments à essayer ??
Cela ne sert à rien de tergiverser,

Il faut regarder les choses en face,
Mais pour quoi reste-t-il de la place ??
Sinon pour les éternelles douleurs,
Les crampes qui font de plus en plus peur,

Est-il possible de garder de l'espoir ??
Quand enfin vient ou revient le soir,
Je pense qu'il y aura un peu de répit,
Juste un peu, pendant une partie de la nuit,

Je voudrais déposer toute ma personne,
Espérant que ma pensée déraisonne,
Mais il n'y a aucune possibilité,
La fibro est bien là ,trop là, existe,

Elle a signé sans mon accord, persiste,
Jusqu'à quand ?? J'insiste ??
Voilà mon unique question,
Qui reste simplement une question !

©Michèle R.


Le miroir

Elle se regarde dans son miroir ovale,
Son teint est devenu presque trop pâle,
Maintenant.. elle cache ses cheveux gris,
Au coin de ses yeux de nombreux petits plis,

Sa bouche est bien moins rieuse,
Pourtant elle est libre… heureuse
Elle ne pense plus aux souvenirs ,
Qui lentement se mettent à mourir,

Elle prend conscience de son corps,
Elle n'imagine même plus son sort,
Sur son visage se reflète…. une trame,
Elle vient de découvrir sa belle âme,

Dans ses yeux magnifiques, une lueur,
Elle a oublié toutes ses immenses peurs,
De sa main s'échappe… son miroir,
C'est la tombée du jour, il fait sombre.. noir,

Elle se lève.. s'étire.. très lentement,
Ses cheveux bougent… librement,
Par terre il ne reste que.. de pauvres débris,
Par contre ,elle va au devant de sa vie,

Elle disparaît, semble être irréelle,
Jamais…. elle n'a été aussi belle,
Avec elle…… elle avait rendez vous
Elle sent qu'elle osera aller au bout,

Elle est ivre de propre sa vie.. elle rit,
Elle représente l'hymne à la vie,
Elle n'est déjà plus là.. malgré ses douleurs,
Elle sait que plus rien….. ne lui fera peur.

©Michèle R.


Le destin

Sur le chemin de ma si longue vie,
J'ai rencontré de nombreux jours ou elle était grise,
Une ombre noire s'est abattue sur moi,
Lourde , brisant ce qu'il y avait en moi,

La peur a serré ma gorge si fort,
J'en ai eu mal dans tout mon pauvre corps,
Cela s'est traduit dans mon esprit,
J'aurai aimé poussé un petit cri,

Au fond de moi, j'ai senti mon âme,
Faisant l' unité, me sentant femme,
J'ai osé regarder cette ombre noire,
J'ai découvert un morceau d'espoir,

Mes yeux de biche se sont illuminés,
Ma vie en peu de temps a défilé,
Je ne veux plus regarder en arrière,
Je crois que c'est vraiment ma prière,

J'ai scruté mon nouvel horizon,
Qui n'a vraiment rien d'une prison,
J'ai attrapé mon ami, le destin,
Lui ordonnant de rester dans mes mains,

Ma vie ne s'est pas pour autant transformée,
Ce sont mes pensées que j'ai transcendé,
Personne ne vivra à ma place,
Mais je peux me voir dans ma glace,

Une idée est venue vite s'installée,
C'est moi qui détient la jolie clé,
De ce qui n'est plus mon triste chagrin,
Car mon ombre s'est transmuée en destin,

Je ne rêve pas, il y a mes douleurs,
Mais je préserve mon humble cœur,
Seul l'instant qui est entrain passer,
Mais mon destin, nul ne peut le casser..


L’amour derrière l’écran

Mes doigts s’envolent pour t’écrire,

Comme je voudrais te voir sourire,

Je ne puis hélas que faire un soupir,

Vers toi, je voudrais tellement courir.

Je ne connais même pas ta voix,

Mais tu me racontes ce que tu vis toi,

C’est avec mon petit cœur que je te vois,

Tu m’as appris à croire vraiment en moi.

La distance n’est pas importante,

Mais mon attente est constante,

Sans pour autant être insouciante,

Je me veux un peu trop indépendante.

En y réfléchissant de plus près,

Je me rends compte de mon souhait,

Te voir sourire, t’entendre de plus près,

Mais en ce monde rien ne se parfait.

Jour après jour, toi tu m’écris,

J’en fais de même, moi je t’écris,

Je te parle de mes jours, de ma vie,

Je sens que parfois tu me souris.

Doucement tu es devenu mon miroir,

Tu traques mes grandes idées noires,

D’un seul mot, tu balayes mon cafard,

En moi renaissent tous mes espoirs.

Depuis que tu es là, je me sens bien,

A chaque instant, tu me tends la main,

Je commence à rêver des lendemains,

Grâce à toi, j’ai perdu mes chagrins.

Michèle R. 06/01/2001

© Michèle R.

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